Montpellier Histoire & Photos

8éme ville de France - 500 descriptions - 700 photos

Depuis 1999

Cimetière Protestant de Montpellier

Le cimetière protestant de Montpellier accueille près de 1500 sépultures. Chaque montpelliérains passent très souvent à côté quand il entre dans Montpellier par l’avenue de Palavas. Avant l’an 1565 les morts catholiques et protestants étaient enterrés dans un même lieu. Après cette date le gouverneur du Languedoc Henri de Montmorency céda aux pressions de l’église catholique pour interdire l’enterrement de protestants avec les catholiques.

 

C’est pour cette raison qu’un donateur protestant offrit ses terres en vue de créer un cimetière protestant à la place d’un de ses champs. Le premier cimetière était situé à côté de la citadelle (Lycée Joffre) devant le nouvel hotel Crowe Plaza. Il s’étendait sur une grande surface puisqu’il arrivait au niveau de l’office de tourisme actuel.

 

Ce cimetière fut dégagé lors des guerres de religion de 1622 et fut détruit en 1624 quand la citadelle fut construit pour “tenir“ en foi contrôlée les montpelliérains (sourire).

 

Le second cimetière Protestant se trouvait sur un terrain contigu à l’actuel temple qui se trouve près de la gare de Montpellier, de la rue Maguelone à la rue d’Obilion. A partir de 1695 et la révocation de l’Edit de Nantes, les protestants durent enterrer de manière anarchique et clandestine leurs morts dans des propriétés privées.

 

C’est à partir de 1788 que les maires ont l’obligation de prévoir aux non catholiques des terrains. De fait un 3 éme cimetière fut crée entre la rue Chaptal et l’avenue Georges Clémenceau, anciennement route de Toulouse.

 

Le 4 éme cimetière fut crée en 1810. La Ville de Montpellier acheta un terrain de 4000m2, ce cimetière existe toujours de nos jours. L’entrée du cimetière date de 1880 date ou la chapelle fut construite.

 

Le ruisseau Les Aiguerelles passe en dessous d’une des allées du cimetière, ce ruisseau au débit violent sort vers la nouvelle mairie.

Le peintre Frédéric Bazille y repose. On y trouvera aussi un buste en bronze d’un conseiller général (Ernest Audibert réalisé par Auguste Baussan. On y trouvera aussi la tombe du Général du Tsar Alexandre de Reutern qui était aide de camp Général de sa majesté l’Empereur de Russie. La mère de Ferdinand von Zeppelin constructeur de dirigeable y est enterrée également (Mme Amélie Macaire).

 

Un des maires bâtisseurs y repose aussi , Jules PAGEZY qui fut pour Montpellier, un grand modernisateur, on dirait bétonneur de nos jours ;)

 

Article de presse du midi libre en Janvier 2014

 

Souriant, passionné, presque volubile par instants, Pierre-Yves Kirschleger narre les mille et un détails de l’histoire bicentenaire du cimetière protestant montpelliérain avec faconde. "Nous sommes dans un cimetière communautaire privé, comme celui de Nîmes. Sa création, en 1809, a été rendue possible par une législation de Napoléon Ier qui a voulu revenir sur la révocation de l’Édit de Nantes..."

 

Un "reflet de l'histoire locale"

 

Ceci posé, l’historien, enseignant à Paul-Valéry et président, depuis 2006, de l’association Mémoire protestante montpelliéraine, rend vivante la stèle discrète ou l’épitaphe mystérieuse. "Les tombes sont le reflet de l’histoire locale." Le carré de la famille Castelnau réserve ainsi quelques surprises. "Il y a évidemment le peintre Eugène mais aussi Albert, homme politique qui fut frappé d’une mesure d’exil en Algérie en 1851 après le coup d’état de Napoléon III." Le Républicain sera finalement élu député de l’Hérault de 1871 à sa mort en octobre 1877.

 

Des tombes très "bavardes"

 

"Beaucoup de tombes du XIXe  siècle sont très “bavardes”. C’est une aubaine pour l’historien !" L’étonnant tombeau de deux sœurs américaines, nées en 1784 et 1789 en Pennsylvanie, disparues à six jours d’intervalle en 1867 à Montpellier, frappe ainsi par son imposante allure. "Il s’inspire du tombeau des Scipion, visible au musée du Vatican, et dont la forme caractéristique fut également reprise pour le peintre Eugène Delacroix au Père-Lachaise."

 

Destin de cinéma

 

Pierre-Yves Kirschleger s’attarde encore sur la stèle, abîmée par le passage des saisons, du général Campredon. Un destin de cinéma que celui de cet officier qui servit le général Napoléon Bonaparte dès 1799. "Il servit notamment en Italie, participa à la campagne de Russie et fut, pendant la Restauration, nommé à l’école polytechnique."

 

Le prix Femina en 1923

 

Bien d’autres destins se lisent dans les allées. Comme celui d’un certain Jacques-Louis Hénon, à la tombe toute simple, témoigne par-delà les décennies de son mandat court - il disparut prématurément - comme maire de Lyon de 1870 à 1872. Jeanne Galzy, elle, consacra sa vie aux lettres. "Son père tenait une mercerie à Montpellier. Elle a écrit de nombreux romans dont un fut récompensé par le prix Femina en 1923."

 

La mère du zeppelin

 

L’inventaire de pierre fait également surgir le nom de la mère de l’inventeur du zeppelin, d’un ancien gouverneur du Canada et d’un aide de camp d’un empereur de Russie. "Je reste toujours surpris d’être régulièrement contacté par internet pour des recherches particulières : retrouver la trace de pilotes de chasse de 39-45 ou celle d’une artiste peintre hollandaise du XIXe  siècle."

 

De quoi donner corps à une pensée posée sur une tombe : “On n’est jamais tout à fait disparu tant qu’il y a quelqu’un pour se souvenir et parler de vous de temps en temps”.