Montpellier Histoire & Photos

8éme ville de France - 500 descriptions - 700 photos

Depuis 1999

DEMOSTHENE 

 

 

 

Homme politique Athénien et très grand orateur grec. (Athènes, 384 - Calaurie, auj. Poros, près de la côte de l'Argolide, 322 av. J.-C.) 

 

Chef à Athénes du parti Macédonien, il ne cessa de dénoncer l'ambition de Philippe de Macédoine et d'exhorter ses concitoyens insouciants à barrer la route à l'ennemi avant qu'il ne soit trop puissant. A ce titre il prononça deux discours les fameux Philippiques et les Olynthiennes. n 339 les Athéniens et Thébains s'allièrent donc contre Philippe. Mais cela n'empêcha pas ce dernier de les vaincre en 338 à Chéronnée, et ainsi imposer sa loi dans toute la Grèce. Après l'assassinat de Philippe en 336, Démosthène appela les Grecs aux Armes contre son fils Alexandre. Mais celui-ci ayant pris Thébes d'assaut, ordonna, pour faire un exemple de raser la ville, et terrifiées, aucune des autres cités grecques ne songea plus à se révolter.

 

Exilé un moment d'Athénes en 325, Démosthéne y rentra après la mort d'Alexandre en 323 et souleva de nouveau les grecs contre la domination macédonienne. Mais, après la victoire remportée sur eux à Crannon par Antipatros, régent de Macédoine (322), il dut quitter de nouveau Athénes et se réfugie au sanctuaire de Poseidon dans l'ile de Calaurie, s'y empoisonna pour ne pas être livré vivant au vainqueur en absorbant le poison contenu dans son stylet. 

 

Après la défaite de Chéronée (338), Démosthène avait été chargé par ses concitoyens de réparer les murs de la ville. La somme affectée pour ces travaux étant insuffisante, il fit creuser à ses frais deux fossés, autour du Pirée. Pour le remercier de ses services, le Sénat, sur la proposition de Ctésiphon, lui vota une couronne d'or, et le peuple allait suivre cet exemple, quand Eschine, attaqua la motion comme contraire aux lois. L'affaire ne fut plaidée qu'en 330. Ctésiphon était seul mis en accusation par Eschine, mais l'affaire était en réalité dirigée contre Démosthène, qui se défendit par l'admirable Discours sur la couronne.

 

Démosthène suit le plan tracé par l'accusation ; il prouve : 

 

I° que les services relevés par Ctésiphon sont réels : il en revendique la responsabilité et il invoque les témoignages de reconnaissance adressés à Athènes par les autres villes, les remerciements décernés à lui-même par décret du peuple ; 

2° il n'était pas sous le coup de la loi qui défend de couronner un comptable ; 

3° la proclamation de la couronne au théâtre est autorisée par la loi. L'orateur n'insiste pas sur une proposition discutable du point de vue légal, mais s'efforce de montrer ce qu'est Eschine lui-même, son calomniateur : le fils d'un esclave et d'une femme de mauvaise vie !  

 

Sa conduite politique a été celle d'un traitre, qui, vendu au roi de Macédoine, n'a cessé de favoriser toutes ses entreprises. Eschine a été la cause de tous les malheurs d'Athènes. 

 

Par contre, lui Démosthène, lors de la prise d'Elatée par Philippe, quand tous étaient consternés, seul il osa monter à la tribune et proposer la seule mesure efficace : l'alliance avec les Thébains. Certes les événements ont été contraires, mais l'honneur est resté sauf ! Les Athèniens, en lui confiant, après la défaite de Chéronnée, toutes les mesures à prendre pour le salut de leur ville, ont pleinement justifié sa politique. Pourquoi Eschine s'est-il tu alors? S'il veut absolument examiner la fortune de Démosthène, qu'il la rapproche donc de la sienne propre. L'orateur rappelle encore à son adversaire sa basse naissance, sa mauvaise foi d'homme politique, les hontes de sa vie publique : tandis que lui peut se glorifier d'avoir toujours servi les intérêts de sa patrie. Et il énumère toutes les mesures utiles prises sur son intervention. Il est vrai que lle succès ne dépend pas des hommes, mais des dieux. Que les dieux veuillent donc exterminer les adversaires d'Athènes et lui rendre la tranquilité et la prospérité! 

 

Le peuple, convaincu par les accents patriotiques de Démosthène, acquitta Ctésiphon ; Eschine, condamné à une forte amende, dut s'exiler à Rhodes. Champion de l'indépendance et de la liberté grecque, Démosthène s'est appliqué à refaire l'ame athénienne. Aussi son éloquence est-elle pénétrée d'une passion extraordinaire, d'une énergie farouche, d'une logique puissante, d'une sincérité persuasive. Il ne se laisse pas emporter par l'improvisation : il a murement réfléchi, méthodiquement travaillé à la composition comme le style des ses harangues ; son plan est habile, serré, logique ; sa phrase est simple, claire, sobre; le ton est extrémement varié, toujours adapté aux besoins de la cause, et propre à tenir en suspens l'attention de l'auditeur. On comprend l'impression profonde que Démosthène faisait sur ses contemporains, au moment du moins où ils l'entendaient. 

 

Demosthenes calculos linguâ volvens dicere domi solebat : Démosthène avait l'habitude de parler chez lui en roulant des pierres avec sa langue. 

 

Cette statue a été placée sur le devant de la Bibliothèque Centrale le Jeudi 26 octobre 2000. L'originale se trouve au musée du Louvre. 

 

©KEMPENAR 10/2000