Montpellier Histoire & Photos

8éme ville de France - 500 descriptions - 700 photos

Depuis 1999

Histoire de Montpellier

 

La ville se situe à 10 km de la mer Méditerranée (Palavas-les-Flots) par voie express et à 75 km du point montagneux le plus proche (Mont Aigoual). Pour la placer géographiquement par rapport à ses grandes consœurs, Montpellier est à 168 km de Marseille, 248 km de Toulouse, 305 km de Lyon et 347 km de Barcelone (Espagne). Elle est également à 750 km de Paris.

 

La place de la Comédie vide, au matin

 

Aujourd'hui huitième ville de France par sa population intra-muros et troisième ville française de l'axe méditerranéen (derrière Marseille et Nice), elle est une des rares villes de plus de 100 000 habitants dont la population a augmenté de façon ininterrompue depuis une cinquantaine d'années. Elle a plus que doublé sur cette période pour atteindre le chiffre officieux de 244 500 habitants en 2004 (recensement partiel).

 

Montpellier a une topographie assez torturée bien qu'elle soit très proche de la mer. Cela laisserait penser que la ville est plutôt plate. Il n'en n'est rien bien que son point culminant soit seulement à 57 m à la place du Peyrou (ancienne place royale où trône la statue de Louis XIV). Montpellier étant construite sur une colline, certaines rues sont à forte dénivellation.

 

Montpellier est traversée par deux cours d'eau : le Lez à l'est, et la Mosson à l'ouest.

 

Avec la création de nouveaux quartiers à l'est puis au sud du centre-ville (successivement Antigone, Richter puis Port Marianne), Montpellier est progressivement « tirée vers la mer ».

 

Le climat de Montpellier est typiquement un climat méditerranéen, il en découle des précipitations assez tranchées. Celles-ci se retrouvant principalement entre novembre et fin février début mars. A contrario l'été est souvent très sec voire aride avec seulement quelques précipitations en août liées le plus souvent aux orages. Contrairement à une idée répandue il ne pleut pas moins à Montpellier qu'à Brest mais les précipitations sont beaucoup plus concentrées ce qui malheureusement engendre parfois des inondations.

 

Températures moyennes relevées sur une année :

 

de janvier à mai : entre 6.8° C et 16.3° C

de juin à septembre : 20.3° C

d'octobre à décembre : entre 16.3° C et 8.2° C

 

Montpellier est une ville très jeune par rapport aux autres grandes villes de la région comme Nîmes, Narbonne, Béziers ou Carcassonne qui pour la plupart ont été créées à l'époque romaine. Montpellier a été créée au XIe siècle.

 

Les bombardements de la ville de Montpellier pendant la Seconde Guerre mondiale :

 

27 janvier 1944 : Bombardement de l'aérodrome de Montpellier-Fréjorgues par la 15th USAAF.

27 mai 1944 : Deuxième bombardement de l'aérodrome de Montpellier-Fréjorgues par la 15th USAAF.

5 juillet 1944 : Bombardement de la gare de triage par la 15th USAAF.

17 aout 1944 : Bombardement du pont de Pavie par la 12th USAAF.

24 août 1944 : Deuxième bombardement du pont de Pavie par la 12th USAAF.

 

Le saint patron de Montpellier est Saint-Roch, fêté le 16 août.

 

1536 : transfert du siège de l’évêché de Maguelone à Montpellier 1802 : suffragant de Toulouse 1822 : suffragant d’Albi 1877 : adjonction des titres des diocèses d’Agde, Lodève et Saint-Pons de Thomières 2002 : érection de l’Eglise de Montpellier en archevêché métropolitain

 

La ville de Maguelonne, fondée par les Wisigoths, fut ruinée par les Francs en 737. Les évêques se réfugièrent sur le site de Subtantion qui a aujourd'hui disparu. Maguelonne fut relevé par l'évêque Arnaud (1030-1060). En 1172 le comté de Melgueil passa aux mains de la maison de Toulouse. Le privilège de fabrication appartenait aux comtes de Melgueil qui, ruinés, cédèrent leurs droits au pape Innocent III qui les inféoda à l'évêque Guillaume III d'Autignac (1204-1216) le 14 avril 1215. Dès lors le comté de Melgueil fut aux mains des évêques de Maguelonne. Ces évêques durent faire face à la montée de la maison d'Aragon qui venait d'entrer en possession de Montpellier. À partir de 1293, Philippe IV installa un atelier à Sommières qui fut transféré à Montpellier en 1356. Le siège épiscopal sera supprimé en 1536 et il s'établira à Montpellier.

Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier

 

A l’origine, Saint-Pierre était l’église du monastère Saint-Benoît, fondée en 1364 ; elle devint cathédrale en 1536. De l’ancien édifice gothique consacré par Urbain V, pape d’Avignon, ne subsistent que le massif de façade et les deux tours-clochers. Le plan est inspiré du modèle méridional. Les influences avignonnaises sont elles aussi manifestes, notamment dans la forme et la sobriété des arcs et des supports des colonnes.

 

La cathédrale souffrit durement des guerres de Religion : Montpellier fut un haut lieu du protestantisme.

 

Reconstruite au 17e siècle, on refit la voûte, le pavement de la nef et la façade. Après avoir été réaménagée selon un projet de Jean-Antoine Giral au 18e siècle, Saint-Pierre fut victime de la volonté de la transformer en un édifice plus ambitieux. Les travaux dirigés par Revoil de 1855 à 1875 aboutirent à une reconstruction de la tour-clocher et à l’ajout de chapelles rayonnantes. Auguste Baussan refit le décor sculpté de la tour et du tympan dans le goût du 13e siècle ; les verrières du transept et du chœur, exécutées par Edouard Didron et Paul Nicod, furent posées entre 1870 et 1872. Dans le bras droit, un tableau de Sébastien Bourdon représente La chute de Simon le Magicien (1657), épisode apocryphe de la Vie de saint Pierre.

 

Erigé en archidiocèse métropolitain le 8 décembre 2002 par décret de la Congrégation pour les évêques. La province ecclésiastique de Montpellier comprend à présent les diocèses suffragants de Mende et de Perpignan-Elne (auparavant suffragants d’Albi), de Nîmes (auparavant suffragant d’Avignon) et de Carcassonne (auparavant suffragant de Toulouse).

 

Montpellier est la ville centre de la Communauté d'agglomération de Montpellier qui compte 31 communes et 391 000 habitants. L'Agglomération de Montpellier est en pourparlers de fusion avec l'"Agglomération de Sète" et la "Communauté de Communes du Nord du Bassin de Thau". Sauf changement de dernière minute, cette fusion interviendrait en janvier 2006. À terme Georges Frêche souhaite créer une communauté urbaine de plus de 500 000 habitants, favorisant le développement économique et augmentant les dotations de l'État.

 

La ville de Montpellier est jumelée avec:

 

Louisville (Kentucky, États-Unis d'Amérique), depuis 1955.

Heidelberg (Bade-Wurtemberg, Allemagne), depuis 1961 (voir aussi : Maison de Heidelbergà Montpellier)

Barcelone (Catalogne, Espagne), depuis 1963.

Chengdu (Sichuan, Chine), depuis 1981.

Tibériade (Israël), depuis 1983.

Fès (Maroc), depuis 2003.

 

L'automobiliste non-initié est confronté aux anneaux enchevêtrés comme des énigmes, tunnels se mordant la queue et abondance de rues en sens unique. De fait, le trajet qu'on fera pour se rendre d'un point A à un point B sera rarement rectiligne et ─ surtout ─ n'aura que peu de rapport avec celui qu'on fera pour le retour.

Ceci s'explique simplement par l'ancienneté de la ville : les rues du centre historique sont très étroites et souvent en courbe, pour briser les assauts du vent. Nombre de ces rues sont trop étroites pour permettre le passage de deux (voire d'un seul) véhicules. De plus, la quasi totalité du centre historique est maintenant piétonnier et n'est accessible aux riverains motorisés et aux livreurs qu'à des horaires fixes.

 

 

Malheureusement pour l'automobiliste, les avenues et autres voies de circulation à l'extérieur du centre-ville (dont les rocades) sont elles aussi majoritairement à sens unique, ce qui rend la circulation très complexe. Il faut donc planifier son trajet à l'avance quand on ne connaît pas bien la ville. Circuler dans Montpellier peut être très éprouvant et les embouteillages ne sont pas rares. Enfin, il n'existe presque pas de places de parking gratuites et il est interdit de stationner plus de vingt-quatre heures au même endroit.

 

Il est donc fortement recommandé aux touristes de laisser leur véhicule en dehors de la ville (il existe plusieurs parkings destinés à cela) ou, mieux, de venir en train. Les transports en commun au sein de la ville sont idéaux pour se déplacer l'esprit tranquille. On peut cependant déplorer un nombre de pistes cyclables insuffisant, ce malgré les possibilités de location de bicyclettes.

 

La TAM (Transport de l'Agglomération de Montpellier) gère les transports en commun à l'intérieur de la ville de Montpellier, ainsi que plusieurs parcs de stationnement souterrains. La ligne 1 du tramway fit notamment parler d'elle à sa création par la décoration extérieure de ses rames à la Folon et par son passage sur la place piétonne de la place de la Comédie.

Les quartiers de Montpellier sont ainsi desservis par:

 

la ligne 1 de tramway reliant le quartier populaire de La Paillade au nord-ouest à la zone de loisirs d'Odysseum à l'est, en passant par les hôpitaux et facultés au nord et le centre de la ville ;

quinze lignes de bus urbaines, et presque autant de lignes suburbaines à destination des communes de l'agglomération ;

 

une ligne nocturne complétant le tramway et baptisé « Rabelais » ;

 

la dernière ligne créée fut Amigo qui assure de nuit la desserte des boîtes de nuit de l'agglomération avec les quartiers centraux et universitaires de la ville ;

deux nouvelles lignes de tramway sont prévues :

la ligne 2 (en construction) entre Jacou et Saint-Jean-de-Védas, selon un axe nord-est - sud-ouest ;

la ligne 3 (en projet) irait de Juvignac à l'est jusqu'aux plages au sud.

 

La gare voyageur de Montpellier est la gare Saint-Roch baptisé en mars 2005.

 

 

Festivals et manifestations culturelles

 

Vue sur le Carré Sainte-Anne

la « Comédie du livre », en mai, sur la place de la Comédie

le Festival de Radio France et de Montpellier

le Festival Montpellier Danse

le Festival du cinéma méditerranéen

le Printemps des Comédiens

le Festival à 100 %, Espace Grammont, au mois d'octobre (voir lien externes)

le Festival des Fanfares, Quartiers Beaux-Arts/Pierre Rouge et Boutonnet, mi-juin (voir liens externes)

L'Edition des Quartiers libres (fête populaire entre les citoyens et les artistes), début octobre

le Festival des sports extrêmes (Fise)

le Festival chrétien du cinéma

Association Patrimôme met en valeur le patrimoine auprès des enfants.

 

Principales installations sportives

 

Stade de la Mosson, 32 500 places

Palais des Sports René Bougnol, 3 000 places

Palais des Sports Pierre de Coubertin, 4 500 places

Stade Sabathé (rugby), 7 000 places

Stade Yves du Manoir (rugby, en construction), 12 000 places

Stade Philippidès (athlétisme)

Patinoire Végapolis (hockey sur glace)

Piscine Olympique Antigone

 

Principaux clubs de sport.

 

En handball masculin, le Montpellier Handball (MHB) est huit fois champion de France, a gagné 6 coupes de France et 2 coupes de la ligue. Au niveau européen, il a remporté la Ligue des Champions en 2003 et est arrivé en demi-finale en 2005.

En football masculin, le Montpellier Hérault Sport Club (MHSC) a été champion de division 2, vainqueur d'une Coupe de France de football. Il joue au Stade de la Mosson. L'équipe féminine a été sacrée championne de France en 2004.

En rugby, l'équipe du Montpellier Hérault Rugby Club joue dans le top 16 et a remporté une coupe d'Europe (Bouclier européen) en 2004.

Montpellier compte aussi dans les premières divisions en sport collectif des équipes en base-ball (Montpellier Castelnau Baseball, dits les « Barracudas »), hockey sur glace (Montpellier Agglomération Hockey Club, dits les « Vipers »), volley-ball masculins (le MUC), water-polo masculins (Montpellier Water-Polo), ainsi que l'équipe féminine de Montpellier-Lattes de basket-ball, sans oublier Nicollin Pétanque aux très nombreux titres nationaux et européens.

 

Personnalités

 

Jean-Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824) homme politique qui fut le second consul de Bonaparte, puis archichancelier sous l'Empire.

Louis Lepic (1765-1827) général de Napoléon.

Le général Pierre Antoine Daru (1767-1829) intendant général de la Grande Armée de Napoléon Ier

Charles Bonaparte, père de Napoléon, est mort à Montpellier en 1785.

Léo Malet (naissance)

Saint Roch (naissance)

Auguste Comte (naissance)

François Rabelais

Pedro de Luna (docteur en droit), qui fut pape d'Avignon durant le Grand Schisme d'Occident sous le nom de Benoît XIII.

 

La préfecture de Montpellier où exerça Jean Moulin

Michel de Nostredame (études de médecine)

le pape Urbain V

D'Aguesseau

Joseph-Marie Vien, (1716-1806), peintre

Alexandre Cabanel, peintre

Francis Ponge (naissance)

Frédéric Bazille (naissance)

Max Rouquette

Frank Thomas né en 1936, parolier, Producteur lien

Juliette Gréco (naissance 1927)

Jean-Luc Dehaene (naissance 1940), premier ministre belge

Edmond Séchan (1919-), réalisateur né à Montpellier

Louis Nicollin (Chef d'entreprise, fondateur du club de la Paillade (Montpellier Hérault Sport Club))

Jérôme Rota né en 1972, inventeur du DivX

 

Synthése historique de la ville de MONTPELLIER

 

On spécule beaucoup sur l'étymologie du nom de Montpellier et cela reste un mystère d'où découle de

nombreuses querelles d'experts, aussi vous trouverez ci dessous plusieurs explications à savoir :

 

• Mons Pessulus : Le "mont Verrou" quant à sa position stratégique.

• Monte Peslier : d'origine romane et populaire, voudrait dire montagne du Pastel, le pastel étant une herbe qui entrait dans la fabrication de la couleur bleue très utilisée dans la teinture des étoffes de laine.

• Montepestelario : On trouve cette appellation dans un acte conservé aux archives municipales de Montpellier (situées à la BMC) et qui est l'acte de donation du Comte et de la Comtesse de Mauguio, à Guilhem, en 985.

• Mons pessulanus pour mont pelé

• Mont puellarum : mont des jeunes filles

• Mont piscicallanes : mont des poissons,

• Mont petrarium : mont des cailloux

• Mont pistillarius : mont des épices.

 

Il est à noter qu'à l'église du Domaine de Grammont, on trouve une sculpture sur marbre avec comme inscription " Montispessulani"

Le Moyen Âge " la ville des Marchands"

A l'origine, deux noyaux urbains se forment autour des églises Saint Firmin et Notre Dame des tables et fusionnent au cours des XI et XII éme siècle. Après 1196, une deuxième enceinte " la commune clôture" donne au cœur de ville sa forme d'écusson. Toute la ville conserve de nombreux vestiges de l'architecture médiévale : Deux type de demeures urbaines ( modulaire et patricien ) avec rez de chaussée voûtés et fenêtres romanes ou gothiques parfois murées. De cette période, on peut voir la Tour de la Babotte et la Tour des Pins, le Mikvé (bain Juif du XIIIéme siècle)

La Ville Classique "le Marais Montpelliérain"

A part la création sous Henri IV du jardin des Plantes, Montpellier est encore à la fin des guerres de religion une ville médiévale. La monarchie française en fait alors une importante capitale régionale. Le paysage urbain évolue avec éclat au cours des XVII éme et XVIII siècles.

On construit des édifices publics, religieux et militaires : le collège des jésuites, l'hôpital Saint Eloi, les couvents des Visitandines, des Ursulines, des Augustins, l'église Saint Denis, l'Hôpital Général, les casernes et la citadelle à l'est.

De nouveaux espaces sont aménagés à la périphérie de l'enceinte médiévale : création de la place de la Comédie et de l'Esplanade, de la Place Royale du Peyrou et de l'Aqueduc des Arceaux. L'architecture privée se transforme. C'est l'époque où noblesse et bourgeoisie se plaient à créer de superbes hôtels particuliers à partir des parcelles du moyen-age. A voir : la promenade du Peyrou et l'arc de Triomphe, le collège des Jésuites (Musée Fabre), les églises classiques (pénitents blancs, Saint Mathieu), l'Hôtel Saint Côme (Chambre de Commerce).

Le XIX siècle "expansion et hausmanisation"

Au siècle dernier, on assiste à de grands bouleversements urbanistiques : arrivée du chemin de fer, démolition progressive du rempart médiéval, ouverture des boulevards, création de nouveaux quartiers, percement partiel de l'actuelle rue Foch dans l'axe du Peyrou. Les équipements publics de développement : on construit le Palais de Justice en 1844, la gare en 1845, les Halles Castelane en 1869, la nouvelle Préfecture en 1870. Deux nouvelles églises naissent à Montpellier, Saint Anne et Saint Roch. L'Opéra, inspiré par le Palais Garnier est inauguré en 1888. Les immeubles imposants construits alors autour de la place de la Comédie reflètent la puissance de la bourgeoisie locale.

Montpellier Aujourd'hui

Après le ralentissement économique et démographique de la première moitié du XX éme siècle, Montpellier connaît un nouvel essor. On bâtit de grands quartiers périphériques t d'importants centres commerciaux ( le triangle, le Polygone), tandis que le centre historique fait l'objet d'une constante mise en valeur.

Aujourd'hui, la ville s'illustre mondialement comme pôle de création urbanistique. Avec Antigone et son image forte, l'architecte Ricardo bofill a su étendre harmonieusement la ville jusqu'au Lez. Le majestueux Opéra et Palais des Congrès, le Corum, dû au talent de l'architecte Claude Vasconi, prolonge l'Esplanade vers l'Est. Tandis que Richard Meier, le grand architecte Américain aménage l'Espace Pitot face aux jardins de la place Royale du Peyrou. Enfin, le centre ville s'étend vers le sud avec l'ambitieux Port-Marianne : 400 anneaux, 40000 logements. Montpellier s'affirme comme une technopole de dimension européenne, véritable Eurocité au bord de la Méditerranée.

L'Occitanisme

Au XIIIe siècle , les officiers de la couronne donnent au Languedoc récemment annexé au domaine royal le nom d'Occitania . Le terme, équivalent, dans les textes rédigés en " latin de chartes ", de Languedoc , a été repris au XIXe s. L'adjectif d'occitan désigne les parlers méridionaux appelés au XIIIe s. limousin ou provençal , au XIVe s. roman , au XVIe s. gascon . L'adjectif " provençal " a été réutilisé souvent au XIXe s.

L'occitanisme est, depuis 1962, un mouvement d'inspiration idéologique, politique ou culturelle se manifestant en Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Limousin, Midi-Pyrénées, Provence-Côte d'Azur et (partiellement) en Auvergne et Rhône-Alpes. Il envisage parfois, en passant par l'autonomie des provinces, une structure fédérative de la France.

Certains extrémistes appellent au séparatisme, d'autres proclament leur solidarité avec les Catalans.

Langue occitane.

• 1°) Occitan méridional : gascon, béarnais , variante du gascon mais ayant affirmé longtemps son autonomie (à l'Ouest), languedocien (Centre), provençal (est du Rhône et majeure partie du Gard) ; roussillonnais parlé se distingue du catalan officiel : terminaison " i " du présent de l'indicatif et de la 1re personne de l'imparfait (parlavi ) ; le " ? " accentué final est prononcé " ou "(Canigou ) ; le pluriel des mots en " àn " est en " às " au lieu de " ans " (hortolàs, màs).

• 2°) Nord-occitan : limousin, auvergnat, dauphinois (frange nord). Une tendance unificatrice s'est révélée, s'appuyant en gros sur les parlers du Quercy, de l'Albigeois et du Rouergue (occitan central considéré comme " référentiel ") et préconisant une graphie " typisante " traditionnelle depuis le Moyen-Age, respectant les traits fondamentaux des principaux dialectes mais adoptant partout les mêmes principes graphiques. Ainsi, le " a final atone, à l'instar de la tradition occitane et romane, a été repris pour noter d'un signe unique les réalisations phonétiques diverses de la langue parlée (a, o , ou oe ) ; exemple lenga " langue " (prononcée lenga, lengo, lengoe ).

2 millions sur 13 millions de " Méridionaux ", pratiquent réellement la langue d'Oc en France ainsi que dans le val d'Aran espagnol et dans les vallées " vaudoises " d'Italie.

Le catalan. Évolution locale du bas latin, langue officielle depuis 1977 de la Catalogne, en Espagne, se distingue de la langue d'oc par la prononciation " ou " du " u " ; la réduction de la diphtongue " au " à " o " ; l'absence des diphtongues " ue " et " ie " (réduites à " u " et " i ") et de la diphtongue " ei " (remplacée par " eu "). L'accent tonique se maintient parfois sur l'antépénultième, surtout dans les formes verbales.

Histoire linguistique. -XIe -XIIIe les troubadours du Midi créent une poésie lyrique et amoureuse (codifiée XIVe s. par lesLeys d'Amor ), modèle de poésie courtoise en Europe. Les parlers d'oc sont en outre une langue véhiculaire (éloquence, commerce, diplomatie) dans le Bassin méditerranéen (on parle le catalan en Grèce)

• . -XIIIe -XVIe recul comme langue littéraire. La production lyrique cesse en France, mais se maintient en Espagne

• . fin -XVIe renaissance de la poésie dialectale, notamment avec l'Aixois Louis Bellaud de La Bellaudière (1532:1588:) ou le Toulousain Pierre Goudouli (1580:1649:), mais les parlers méridionaux cessent d'être utilisés dans les actes juridiques privés ou publics depuis 1539 (édit de Villers-Cotterêts). Certains parlements provinciaux gardent néanmoins leurs parlers plus longtemps : Navarre (jusqu'en 1660 environ), Roussillon (jusqu'en 1738)

• . 1790 90 % du Midi les utilisent encore ; les constituants doivent traduire en dialectes la Constitution et la Déclaration des droits de l'homme

• -XIXe renaissance de la littérature d'oc, notamment avec l'Agenais Jacques Boé dit Jasmin (1798:1864:) et le Nîmois Jean Reboul (1796:1864:)

• . 1847 dictionnaire provençal-français d'Honnorat (65 000 mots)

• . 1854 fondation en Provence par Frédéric Mistral (1830:1914:) et 6 compagnons du Félibrige [organisme académique devenu une fédération de Stés culturelles ; création d'un " provençal littéraire " avec un système orthographique d'un phonétisme " modéré " (les mots féminins se terminent par un " o " inaccentué)]

• . 1878 Trésor d?u Felibrige , de Mistral (somme des parlers d'oc : dictionnaire de 80 000 mots)

• . 1899 le chanoine limousin Roux crée la graphie néoromane, remplaçant le " o" par un " a "

• 1919 les instituteurs Antonin Perbosc et Prosper Estieu créent l'Escola occitana , rompant avec les " Félibréens " auxquels ils reprochent leur conservatisme ; le système Perbosc-Estieu devient la base de la graphie de l'" occitan " moderne

• . 1931-1939 autonomie de la Catalogne, qui soutient l'occitanisme

• . 1935 Louis Alibert publie à Barcelone la Gramatica occitana segon los parlars lengadocians , perfectionnant le système précédent

• . 1945 création à Toulouse de l'IEO (Institut d'études occitanes) reconnu d'utilité publique en 1949

• . 1951 Robert Laffont applique au dialecte provençal la graphie des occitanistes toulousains, en publiant Phonétique et Graphie du provençal (essai d'adaptation de la réforme linguistique occitane aux parlers de Provence)

• . 1952 Louis Alibert, Pierre Bec et Jean Bouzet lancent le principe d'une application de cette même réforme au gascon

• . 1983-12-7 à côté du terme " occitan ", employé d'abord exclusivement dans les textes ministériels [rapport Giordan (1981)], on emploie désormais le terme " langue d'oc "

• Organisations occitanistes. 1959 PNO (Parti nationaliste occitan) créé par François Fontan ; il reproche aux intellectuels de l'IEO leur fidélité tactique à la France

• . 1962 Coea (Comité occitan d'études et d'action) fondé, remplacé 1971 par Lutte occitane ; programme : séparer le politique du culturel et soutenir notamment les viticulteurs (s'oppose apparemment à l'IEO)

• . 1964 Yves Rouquette (membre du Coea) lance le thème de la reconquête occitane (revanche contre la suppression entre 1223 et 1271 du Cté toulousain)

• . 1974 crée Volem viure al païs

• . 1975 Parlaren créé à l'est du Rhône, conservant la graphie de Mistral, soutient parfois des revendications proches de celles des occitanistes

• . 1980-11 Pierre Bec démissionne de la présidence de l'IEO

• . 1981-5 Toulouse : 1re manif. de masse dans les rues (mai 82 : Marseille, mai 83 : Montpellier, mai 84 : Toulouse)

• . 1984 Montpellier, " Mouvement du 11 avril " créé, lié à l'expansionnisme catalan

• . 1987 Parti occitan créé. Participe au mouvement RPS (Régions et Peuples Solidaires) en 1994

• . 1996 la " Setmana " : 1er hebdomadaire entièrement en occitan

Quelques adresses.

• Ideco : BP 6, 81700 Puylaurens.

• IEO : Espace St-Cyprien, 1, rue J.-Darré, 31300 Toulouse. Pt : Robert Marti.

• IEO-Paris : 6, rue René-Villermé, 75011.

• Centre de documentation provençale Parlaren : Mairie, 84500 Bollène.

• Cido (Centre international de documentation occitane) : BP 4 202, 34325 Béziers.

• Volem viure al païs : BP 69, 83502 La Seyne.

• Association internationale des études occitanes : Liège (Belgique), fondée 1981, Pt : Peter Ricketts (G.-B.).

• Parlaren : Les Bas Vaux, 83149 Bras, Pt : M. Audibert, publie " Prouvènço d'aro ", seul mensuel entièrement écrit en langue d'oc.

• L'Astrado prouvençalo : 7, les Fauvettes, 13130 Berre l'Étang, fondé 1965 par Louis Bayle.

• Pam-de-Nas : (librairie occitane) : 30, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

• Ceroc (Centre d'enseignement et de recherche d'Oc) : 18, rue de la Sorbonne, 75006 Paris.

• Confédération nationale Calandreta : 100, fg Figuerolles, 34000 Montpellier.

Enseignement.

L'occitan moderne a pu être présenté au bac comme langue facultative jusqu'en 1983 (Nice, Aix, Clermont : langues régionales). Depuis 1984, on peut choisir comme langue vivante (2e ou 3e selon les sections) une variété régionale de la langue d'oc. Fin 1991, création d'un Capes de langue d'oc. Centres universitaires d'enseignement : Aix, Avignon, Montpellier et Toulouse.

Organisations indépendantes.

Bizà Neirà : éditions en auvergnat ; Pt fondateur : Pierre Bonnaud (1, rue des Allées, Ceyrat, 63110 Beaumont). La France latine : fondée 1954 ; directeur litt. : S. Thiolier-Méjean (16, rue de la Sorbonne, 75005 Paris). Le Félibrige : fondé 1854 ; capoulier : Pierre Fabre depuis 1992 (Parc Jourdan, 8 bis , av. Jules-Ferry, 13100 Aix-en-Provence). Sté des félibres de Paris : Pt : J. Fourié (58, quai Pompadour, 94600 Choisy-le-Roi). Lou Prouvençau à l'Escolo : fondé par Ch. Mauron et C. Dourguin (Mairie, 13910 Maillane). La Pervenquiero : capoulier : A. Costantini (98, av. Ledru-Rollin, 75011 Paris). Centre de recherches et d'études méridionales (Claude Mauron, chemin de Roussan et Cornud, 13210 St-Rémy).

• Période royale (de 1229 à 1523) : 1229 traité de Paris rattache au domaine royal les territoires formant les sénéchaussées de Beaucaire et Carcassonne

• 1255 chute du dernier château cathare

• 1271 les territoires laissés au Cte de Toulouse Raymond VII , et passés ensuite à son gendre Alphonse de Poitiers , frère du roi Louis IX, reviennent à la Couronne. A la base, sénéchaussées organisées au XIIIe s. ( à partir de Louis IX, contrôlées par des enquêteurs) ; à partir de Philippe le Bel, réunions par les rois d'assemblées de nobles, de prélats et de délégués des communautés pour les consulter et leur demander des subsides ; XIVe s., apparition des états du Languedoc ; le lieutenant du roi (ou " capitaine " ou " gouverneur ") détient l'autorité royale (1296), puis il sera réduit à un rôle militaire. La royauté lutte contre l'hérésie, mais respecte langue, coutumes et privilèges ; le français reste une langue étrangère ; les privilèges urbains, bien que sévèrement contrôlés, se maintiennent (multiplication des consulats) ; nombreuses rédactions de coutumes. Prospérité jusqu'au milieu du XIVe s. : fondation de plusieurs centaines de villages (bastides ), développement des foires, surtout drapières. Guerre de Cent Ans : pillages des compagnies de routiers ; le Languedoc, après 1420, fournit à Charles VII son premier soutien

• 1433 le Languedoc ressortit au parlement de Toulouse (l'ancien Cté de Toulouse formant le Ht-Languedoc , l'ancienne Septimanie formant le Bas-Languedoc )

• 1478 a partir de cour des aides à Montpellier

• 1523 chambre 19 des comptes à Montpellier. Guerres de Religion : les protestants l'emportent en Bas-Languedoc. Nîmes, Montpellier, Alès sont " protestantisées "

• 1632 la monarchie absolue s'impose avec l'échec de la révolte dirigée par Henri de Montmorency, gouverneur du Languedoc (exécuté 1632) ; dès lors, les gouverneurs ne résident plus dans la province ; le pouvoir passe à l'intendant qui s'établit à Montpellier

• 1789-1794 avec la Révolution, les institutions propres au Languedoc disparaissent

• 1875-1890 crise du phylloxera

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Montpellier, capitale de la région Languedoc-Roussillon, comptait, lors du recensement de 1999, plus de 225 000 habitants, ce qui la situe au huitième rang national. Le chef-lieu de l’Hérault, provincial et ordinaire, rentier de ses vignes, riche de ses facultés de droit et de médecine, a laissé place à une métropole active entre Toulouse et Marseille. Montpellier, de naissance tardive, ne dispose pas de racines romaines et ne deviendra française qu’en 1349. Le nom apparaît en 985 dans une charte locale accordant un terroir agricole à Guilhem, fondateur de la cité. Sa croissance est rapide : un château, un marché, des églises, un prieuré et un village circulaire prennent place sur deux collines réunies par une enceinte protectrice. L’essor de la cité va de pair avec l’ascension de la famille des Guilhem, seigneurs de Montpellier, puis des rois d’Aragon, tous favorisant les métiers et l’échange. Par Aigues-Mortes et Marseille, les marchands de Montpellier sont présents en Méditerranée et dans les grandes foires. Ils prennent modèle sur les cités italiennes pour conquérir franchises et libertés et se protègent d’une Commune Clôture. Au XIIIe siècle, les règlements consulaires fondent une ville marchande, tolérante, ouverte aux étrangers, en particulier aux Juifs, qui forment une importante communauté. Elle compte jusqu’à 40 000 habitants et, depuis la bulle papale de Nicolas IV en 1289, ses écoles sont érigées en Université de droit, médecine et ès arts. On y enseigne aussi la théologie en plusieurs collèges, notamment dans le studium dominicain. Le déclin de l’université montpelliéraine, à partir de 1380, correspond au déplacement des centres de gravité universitaires vers les villes du Nord, vers l’Italie et l’Espagne, et à la disparition de la papauté avignonnaise. La médecine conserve sa réputation. Après avoir été l’initiatrice de l’anatomie, l’Université institue, au XVIe siècle, la botanique (1593, Jardin des Plantes) et la chimie pharmaceutique au sein d’un Collège royal. La place marchande méditerranéenne voit son rôle s’effriter alors que s’affirme la capitale administrative, siège des cours royales. Les élites urbaines se recrutent dès lors parmi les officiers de robe, les gens de justice et de médecine, même si les héritiers des grands marchands disposent encore de belles fortunes. L’investissement foncier suit leur progression dans cette « belle ville bien bâtie », selon Thomas Platter, étudiant vers 1595. C’est parmi les étudiants et les milieux intellectuels que les idées de la Réforme se propagent le plus vite, jusqu’aux premiers troubles de 1560-1561, quand les réformés assiègent la cathédrale. L’hostilité entre les deux communautés dynamiques et puissantes se traduit par de très nombreux affrontements. L’édit de Nantes pacifie quelque temps leurs rapports. Place de sûreté défendue par le duc de Rohan, Montpellier, qui contrôle les échanges régionaux entre l’Est réformé et l’Ouest papiste est au cœur d’enjeux importants, tant pour la royauté que pour les réformés. Le siège de 1622 se termine par une lettre de pardon royal qui offre la paix à une ville invaincue, avant d’en faire une place forte royale sous contrôle d’une citadelle, base du système de surveillance de la Cévenne huguenote. Les grands intendants du Languedoc assurent le développement économique d’une ville pacifiée et en font une capitale provinciale renommée pour l’architecture de ses hôtels particuliers. Dès 1688 est envisagée la construction de la promenade du Peyrou, bientôt précédée d’un arc de triomphe (1691), porte d’entrée dans la ville, puis dominée par la statue du roi (1717), enfin aménagée (1774) en terrasses monumentales couronnées par un château d’eau qui marque l’arrivée de l’aqueduc de Pitot. Ville d’autorité, Montpellier s’affirme tout au long du XVIIIe siècle par la banque et la finance, le commerce, la production des indiennes et celle du verdet, qui annonce l’industrie chimique des acides que Chaptal développera. Ville de manufactures et de négoce, capitale intellectuelle et médicale, riche, calme et prospère, investissant déjà dans la terre, Montpellier se drape dans un ordre bourgeois stable et ne connaîtra ni les bouleversements politiques de la Révolution de 1789 ni ceux de la révolution industrielle. La vigne assure sa fortune, attirant à elle les capitaux et les hommes de science, imprimant aux conduites économiques les logiques de la rente. Bourgeois éclairés et hommes d’affaires avertis vont tenter de moderniser, par de grands travaux édilitaires, la cité repliée sur son centre médiéval. Dès 1839, le port de Sète est relié par la voie ferrée, Nîmes en 1852. Montpellier ne deviendra jamais un grand centre ferroviaire, Talabot et Pereire fixant leurs gares à Nîmes et Béziers. Dès 1850 et jusqu’aux années 1880, notamment sous la conduite du maire Jules Pagézy, le centre fait l’objet de grands travaux : percement d’une rue haussmannienne (la rue Impériale), construction des halles (Baltard est consulté) et de l’église Sainte-Anne, sans oublier l’ouverture d’avenues convergeant vers la gare, l’aménagement de l’Esplanade et de la place de la Comédie. Il faut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que Montpellier sorte de la torpeur d’une ville rentière, dépendante des prix du vin, aisée et pauvre à la fois, longtemps royaliste puis radicale. Place de commandement régional, elle est le théâtre de l’entrevue, le 13 février 1941, entre Pétain et Franco. Miliciens et collaborateurs rencontrent cependant une forte opposition qui accordera un temps, à la sortie de la guerre, des majorités relatives aux forces issues de la Résistance, communistes et gaullistes. La rupture des années 1960 repose sur l’arrivée massive des rapatriés d’Algérie, sur la confirmation du rôle administratif régional, le renouveau universitaire et les investissements de l’État dans la région, l’implantation d’I.B.M. La dynamique est d’abord démographique : 118 000 habitants en 1962, 198 000 en 1982. Cette croissance exceptionnelle se prolonge sans rupture jusqu’à la fin du XXe siècle. Devenue plus endogène au cours des deux dernières décennies, elle repose sur la fonction de commandement et sur la promotion d’un système technopolitain valorisant les liens entre la recherche et les industries de pointe. Montpellier a su se donner l’image d’une ville attractive, riche de savoirs, de cultures et de capacités d’innovation, une ville jeune, ouverte, studieuse et agréable à vivre. Plus de 60 000 étudiants, une dizaine de milliers d’enseignants et de chercheurs contribuent au renom de l’université qui, associée au complexe hospitalier, occupe plusieurs dizaines d’hectares au nord de la ville. Le sud est marqué par les parcs industriels et les grandes infrastructures, l’ouest est nettement résidentiel jusqu’à la Z.U.P. de La Paillade. Le grand projet urbain prend corps à l’est, de part et d’autre de la vallée du Lez, et s’inscrit dans la durée. Depuis 1967, l’Écusson, le centre historique, est classé en secteur sauvegardé. Les quartiers bourgeois du versant sud, restaurés, piétonnisés, sont conquis par les commerces de luxe. La place de la Comédie fait transition vers le Polygone, centre commercial des années 1970. La municipalité élue en 1977 prolonge ce projet en inversant ses logiques : Antigone est défini dès le départ comme l’anti-Polygone. Sur une trentaine d’hectares, Ricardo Bofill dessine, autour d’un axe central troué de places, une architecture néo-classique monumentale pour quelque 1 800 logements . Le programme s’achève en majesté sur la rive gauche du Lez par l’hôtel de région. Le fleuve, calibré, endigué pour éviter les crues dévastatrices, sert de pivot à l’extension de Port Marianne et d’Odysseum, dernière étape ludique et commerciale d’une ville s’affirmant métropole régionale. Les grands équipements, Corum, Zénith, cité judiciaire, gare, grande bibliothèque, tramway confirment cette orientation. L’aire d’agglomération (une quarantaine de communes) compte 450 000 habitants au début du XXIe siècle, et un pouvoir d’attraction de quelque 8 000 habitants par an. C’est à cette échelle que se dessinent les perspectives métropolitaines d’un « Grand Montpellier », dont les enjeux se situent au plan régional, d’une part, au niveau de l’Europe du Sud, d’autre part, au carrefour des influences toulousaines, marseillaises, lyonnaises et barcelonaises, loin du charme discret mais désuet de la capitale régionale des années 1960