Montpellier Histoire & Photos

8éme ville de France - 500 descriptions - 700 photos

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Planches sont tirées de l'"Histoire de Montpellier" éditée à compte d'auteur en 2002 par J. REDON

 

Dans le petit thalamus, le dernier château des Guilhem de Montpellier s'appelait Tour de Montpellier. Il était bâti sur la partie culminante de Montpellier, près du puits de l'Arquinel qui correspondrait de nos jours entre les pentes des rues Coste frège et de la valfére, en fait à proximité de l'Arc de triomphe et vraisemblablement à l'emplacement de la prison et du palais de justice.

 

C'est Guilhem VI qui entrepris la construction d'un véritable château, après avoir acheté et fait détruire les maisons. Cette construction était destier à le protéger de ses vassaux, car ceux ci l'avait évincé de Montpellier en 1141 pendant deux ans, ce qui l'avait contraint de se réfugier au château de Lattes construit quelques temps avant la révolte fomentée par Gaucelin de Claret.

 

Guilhem VI fit élever d'abord une tour - dite Tour de Montpellier - ensuite le château. Une chapelle devait même être construite, et c'est l'abbé de Saint Gilles qui en 1141 ou 1143 posa la première pierre en vertu d'une bulle de Calixte II du 10 décembre 1143.

 

Consacré en 1156 par l'évêque Raymond, la chapelle bénéficia des faveurs spéciales accordées par les pape Alexandre III et Innocent III ; en 1172, elle fut agrandie, peut être même entièrement reconstruite ; sa consécration eut lieu le 5 novembre 1200. Plus tard, Jacques 1er d'Aragon l'érigera en collégiale ; on l'appellera soit chapelle Notre Dame du Château, soit chapelle royale et même chapelle Saint Sébastien, comme on peut le voir dans les actes du XVIIIé siècle, et cela à cause des reliques de ce saint qui y étaient vénérées.

 

Ruinée en 1568 par les protestants, lors du sac de la ville, elle devait être relevée au siècle suivant et bénie le 10 mars 1690 par le vicaire général Etienne de Largel représentant Monseigneur Pradel, évêque de Montpellier. C'est au fils de Guilhem VI, Guilhem VII donc, que l'on doit la fin de la construction du château. A peu près terminé et suffisamment confortable, le seigneur y logea avec sa femme, la duchesse Mathilde de Bourgogne, dès le 15 février 1152.

 

Guilhem VIII le dernier du nom né en 1157, succéda à l'age de 15 ans, à son père Guilhem VII sous la tutelle de ses oncles Guy dit le guerroyeur et Raimond, prieur d'Aniane. Dés qu'il prit possession de château, le jeune seigneur s'occupa à l'embellir ; il acheta aussi plusieurs terrains contigus en vue d'agrandir son jardin. Au printemps de 1174 il accueillit très certainement dans cette demeure seigneuriale la princesse grecque Eudoxie, fille de l'Empereur Manuel Comméne Basileus de Byzance. Eudoxie était venue à Montpellier en vue de son mariage avec le roi Alphonse II d'Aragon ; or ce dernier, las d'attendre, demanda la main de l'infante Sancia, fille d'Alphonse VII, roi de Castille, et l'épousa le 18 janvier 1174.

 

Eudoxie fut profondément déçue. Guilhem en profita pour lui proposer le mariage. Refusant tout d'abord, il n'était ni roi ni prince, elle finit cependant par accepter cette union, mais exigea toutefois de Guilhem, la promesse que le premier enfant qui naîtrait, garçon ou fille, serait l'unique hériter de la seigneurie de Montpellier, avec garantie, par serment de tous les habitants du bourg âgés d'au moins 14 ans ; engagements qui furent respectés par les Montpelliérains. Le mariage eut lieu vers 1181.

 

De cette union naquit une fille, ce qui parait avoir causé une grande déception (on le comprend) à Guilhem, fort jaloux de sa descendance. Après la naissance de cette enfant prénommée Marie, Guilhem répudia brusquement Eudoxie, sous prétexte qu'il désirait un hériter male qu'elle ne pouvait lui donner, et de plus qu'elle avait violé la fidélité conjugale avec Foulques de Marseille, un des plus grands troubadours de son temps, devenu plus tard évêque de Toulouse. Non seulement il obligea sa femme à quitter le château, mais encore la fit conduire à l'abbaye de son oncle Raimond Guilhem, prieur à Aniane, donnant l'ordre de l'y retenir prisonnière. On dit que le choix de l'abbaye d'Aniane fut choisi par Guilhem parce qu'il pensait obtenir plus facilement un aveu d'infidélité ou une renonciation à son titre d'épouse, ce qu'Eudoxie refusa toujours.

 

Pendant un séjour de Guilhem VIII à la cour d'Alphonse II d'Aragon, il tomba amoureux d'Agnès de Castille, nièce de la reine Sancia et l'épousa au mois d'avril ou de mai 1187 à Barcelone. A la suite de ce second mariage, l'évêque de Maguelone et l'archevêque de Narbonne l'excommunièrent en 1194, cette union était annulée par le pape Célestin III. Eudoxie mourut à Montpellier en 1201 ou 1202 et son mari, Guilhem VIII le 9 novembre 1202 à l'age de 45 ans. Il fut enseveli dans l'église de l'abbaye de Granselve où se trouvait le tombeau des seigneurs de Montpellier. Marie dernière descendante légitime des Guilhem aura comme sa mère une vie des plus malheureuses. En 1192, elle épousa le vicomte Raymond Barral, dit le Gros. Devenue veuve, elle se remaria en décembre 1197 avec le comte Bernard de Comminges, deux fois bigame (quel chance!..), deux filles sont nées de ce mariage. Ce mariage sera aussi annulé. Les montpelliérains offrirent alors à Marie la seigneurie de leur ville, en déclarant nulles les renonciations à ses droits imposées par son père, mais lui proposèrent toutefois de prendre pour troisième époux le roi Pierre II d'Aragon, déjà veuf et fils d'Alphonse, jadis le fiancé de sa mère.

 

Le 15 juin 1204, Pierre d'Aragon épouse Marie de Montpellier qui, devenue reine d'Aragon continuera à être vouée au malheur. En effet, son royal époux l'abandonna et quitta sa nouvelle seigneurie peu après leur mariage. Cependant, en 1206, il revint à Montpellier conclure la paix avec ses sujets et signer le traité à Villeneuve-les-Maguelone, le 27 octobre de la même année. Les habitants de Montpellier étaient condamnés à payer 40000 sols à Guilhem pour les dommages faits à son château au cours de la révolte du début de 1206. Ce retour du roi Pierre auprès de sa femme Marie ne sera qu'une réconciliation passagère, mais aura des suites heureuses quant à la naissance du futur grand roi d'Aragon, Jacques le conquérant, né dans la nuit du 1 er au 2 février 1208, au palis de Tournemire, près de la place du plan Pastourel où s'était retirée la reine, son château manquant trop de confort. Il fut d'ailleurs entièrement démoli avec son consentement, suivant l'acte du 20 août 1207 autorisant les consuls à le raser et à combler les fossés.

 

Abandonnée à nouveau par son époux, menacée même d'être répudiée, en 1212 elle se rendit à Rome pour se mettre sous la protection du pape Innocent III, lequel refusa à Pierre d'Aragon la cassation canonique de son mariage. Le 19 avril 1213, Marie de Montpellier, appelée par les auteurs espagnols la madre del rey Don Jacme, mourut à Rome et fut inhumée suivant ses voeux à la basilique Saint Pierre du Vatican, dans la chapelle Sainte-Pétronille. Quant au roi Pierre, son époux, il fut tué à la bataille de Muret, près de Toulouse le 12 septembre 1213 alors qu'il combattait dans les rangs des Albigeois.

 

Calixte II :(v. 1060 - 1124 ). Pape (1119 -1124 ), Guy de Bourgogne, a vu le jour en 1060 au château fort de Quingey . Il devait devenir l'un des plus importants pape du Moyen-Age sous le nom de Calixte II. Fils de Guillaume le Grand et d'Etiennette de Vienne, Guy était cousin germain de l'Empereur Henri III, parent des Ducs d'Aquitaine, de Normandie, des comtes de Provence...Aussi représentait-il une autorité particulièrement respectée lorsqu'en tant que légat du pape Pascal II, il parcourait l'Europe pour représenter le Pape et défendre les droits de l'Eglise. il combattit l'antipape Grégoire VIII et mit un terme à la querelle des Investitures par le concordat de Worms (1122 ).Le concordat de Worms met fin à la querelle des Investitures mais ne règle pas le problème de la domination sur le monde, revendiquée par le pape comme par l'empereur.

Alexandre III [Rolando Bandinelli] (Civita Castellana, 1181 ) Pape (1159 -1181 ).

 

Il fut l'adversaire de Frédéric Barberousse, auquel il imposa la paix de Venise (1177 ), consacrant la primauté de l'Église romaine sur la couronne impériale.

 

Si Guilhem VII entretient des relations privilégiées avec le Saint-Siège, c'est qu'il a pris la défense du pape dans deux circonstances particulièrement graves. En 1161, il accueille Alexandre III alors en conflit avec Frédéric-Barberousse, et prend aussi son parti contre l'antipape Victor III. Alexandre III, reconnaissant, prend sous sa protection en 1162 les habitants et les marchands de Montpellier, ce qui ne pouvait manquer d'avoir des conséquences très bénéfiques pour la prospérité de la ville.

Innocent III - Giovanni Lotario, comte de Segni - Pape italien (Anagni, 1160-Rome, 1216).

 

Issu d'une famille de la grande noblesse romaine, Innocent III étudie la théologie à Paris, puis le droit canon à Bologne. Nommé cardinal-diacre par son oncle Clément III (1190), le brillant benjamin du Sacré Collège est élu pape par ses pairs unanimes, le 8 janvier 1198, à la mort de Célestin III. Il affronte les problèmes religieux et politiques, considérables à l'époque, comme un juriste efficace mais d'esprit étroit et rigide.    

 

Une monarchie pontificale

 

Héritier de la pensée de Grégoire VII (1073-1085), il contribue à établir une véritable monarchie pontificale. La doctrine de la théocratie lui semble réalisable: le pape, vicaire du Christ (et non seulement vicaire de saint Pierre), dispose d'une autorité absolue sur tous les pouvoirs spirituels et laïcs; il peut donc juger les princes et, éventuellement, les déposer.

Il mettra ces théories en pratique avec une énergie parfois brutale.

 

Innocent III rétablit son autorité à Rome et dans les États pontificaux. Profitant de la mort de l'empereur Henri VI (1197), il impose sa suzeraineté à la veuve de celui-ci, Constance, qui lui confie la tutelle de son jeune fils, Frédéric de Hohenstaufen. Il fait reconnaître sa suzeraineté à l'Angleterre où, menacé de déposition et excommunié (1209), Jean sans Terre se soumet et devient vassal du pape (1213). Il échoue en France: le second mariage de Philippe Auguste est annulé, mais celui-ci refuse de reprendre son épouse répudiée. Cependant, Innocent III empêche le roi de France d'entrer en guerre contre Jean sans Terre.  

Il intervient enfin et surtout dans l'Empire, où il choisit le guelfe Otton de Brunswick (qu'il couronne en 1209 sous le nom d'Otton IV) contre le gibelin Philippe de Souabe. Mais Otton IV réoccupe la Toscane; le pape l'excommunie et le remplace par son pupille Frédéric Roger, devenu Frédéric II (1215).  

 

Il obtient aussi l'hommage féodal des souverains du Portugal, d'Aragon, de Castille, du Danemark, de Pologne, de Hongrie et de Bulgarie.

 

La lutte contre les schismes

 

Sur le plan religieux, Innocent III s'attaque au schisme de l'Église grecque (ouvert en 1054). Il prépare une nouvelle croisade (la quatrième) contre l'Égypte, qui n'aboutit qu'à la prise et au pillage de Constantinople (1204). Il inaugure l'ère des croisades politiques dans sa lutte contre les albigeois. En effet, la prédication de saint Dominique demeure inefficace; de surcroît, le légat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné. Innocent III excommunie Raimond VI de Toulouse (1208) et prêche une croisade qui se transforme en véritable expédition punitive.

 

En réunissant le quatrième concile du Latran (1215), Innocent III atteint le sommet de sa puissance. Les soixante-dix canons du concile réfutent le catharisme et organisent l'Inquisition pour le combattre. Les laïcs doivent se confesser et communier au moins une fois par an. Innocent III n'envisage la réforme de l'Église, condition nécessaire à la destruction de l'hérésie, que sous cette forme disciplinaire.  

 

Chronologie (1215): Concile du Latran

 

Ce pape, conservateur, sincèrement pieux, conscient de sa mission, mais marqué dans sa vie et dans son œuvre par le juridisme, accepte avec méfiance les «nouveaux sentiers de perfection», représentés par saint Dominique et surtout par saint François.

 

Abbaye de Granselve

 

Abbaye cistercienne construite en 1114 dans le département du Tarn-et-Garonne.

Elle fut entièrement détruite à la Révolution Française, aussi il ne reste plus que son trésor conservé en l'église de Bouillac. Il s'agit de 4 châsses en forme d'église romane d'une finesse exquise et du reliquaire de Saint Epine du XIII ème siècle. Elle contrôlera toute la région entre les deux bastides qu'elle a fondées : Grenade (1250) et Beaumont de Lomagne (1278).

Le dernier château des Guilhem à Montpellier