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Place de Thessalie à Antigone à Montpellier

Phillipe Saurel et Georges FRËCHE Place de Thessalie

La Thessalie Région grecque au sud de la Macédoine. Le nom de Thessalie vient de celui de ses envahisseurs Doriens, les Thessaloi. Située sur la route de la Macédoine et de l'Hellespont, la province avait une importance stratégique et possédait un bon port à Pagasai. Géographie La Thessalie est un pays plat; les chaînes de montagne isolent de la mer le pays intérieur et en font une région continentale. Aussi les Thessaliens sont un peuple de terriens. La région produit des céréales. Le blé est la principale richesse de la région et une ressource commerciale certaine. La Thessalie est l'une des rares régions de Grèce où l'on peut pratiquer l'élevage des chevaux, en conséquence, les Thessaliens disposent d'une importante cavalerie. Plus boisée qu'aujourd'hui et par conséquent moins accessible, elle fut longtemps occupée par des populations uniquement pastorales, vraisemblablement des Pélasges, dont viennent facilement à bout les Achéens vers le milieu du IIe millénaire. Les légendes grecques garderont le souvenir des succès remportés sur des populations si sauvages qu'on ne peut voir en elles que des demi-animaux, comme les Centaures. Socrate oppose la Thessalie, comme un pays de licence et de désordre, aux cités "régies par de bonnes lois". Elle n'a produit ni écrivain, ni savant, ni artiste de valeur. Brève Histoire Au VII è siècle, la ligue thessalienne est puissante dans la Grèce du Nord. Elle étend son pouvoir sur les montagnards du voisinage qui lui paient tribut et fournissent des contingents. Disposant des voix de ces peuples, la Thessalie, majoritaire au conseil amphictyonique de Delphes en profite pour étendre son influence dans la Grèce centrale. Elle prend part à la guerre sacrée pour délivrer Delphes, intervient dans la guerre entre Chalcis et Erétrie, impose sa suprématie à la Phocide et cherche même à soumettre la Béotie. Mais la puissance thessalienne est de courte durée. Battus par les Béotiens et repoussés par les Phocidiens , les Thessaliens sont retournés dans leur pays au début du Ve siècle. Au temps des guerres médiques, les Aleuades s'étaient d'abord soumis aux Perses mais lors de l'invasion de Xerxès, ils demandèrent de l'aide à Sparte. Au début de la Guerre du Péloponnèse, la Thessalie s'allia avec Athènes. A l'époque classique, la Thessalie fait office d'état tampon entre les cités grecques et la Macédoine. Au IVe siècle, la tentative de Jason de Phères pour réaliser l'unité provoque les interventions étrangères des Thèbains et des Macédoniens ouvrant ainsi la voie à la conquête de la Grèce par Philippe II de Macédoine. Institutions Politiques Dès la fin du VIe siècle, la Thessalie était divisée en quatre régions (tétrades) : la Thessaliotide, la Phthiotide, la Pélasgiotide et l'Hestiaotide. Chaque province était dirigée par un polémarque (ou tétrarque) issus des familles nobles qui gouvernaient les cités et y établissaient des dynasties comme les Alenades à Larissa, les Scopades à Krannon. Les villes thessaliennes, Pharsale, Krannon, Larissa et Phères étaient de force équivalente, aucune d'elles ne pouvant prétendre à l'hégémonie, il existait une confédération. En temps de guerre, cette confédération était dirigée par un tagos, chef de guerre nommé à vie, assisté des quatre polémarques. Mais les liens fédéraux restaient très lâches et les villes gardaient leur autonomie. Les luttes idéologiques perpétuelles entre partisans de l'oligarchie, de la tyrannie et de la démocratie faisaient de la province un allié peu sûr. Organisation sociale Les familles nobles propriétaires du sol possèdaient de vastes domaines. Elles ne s'occupaient que de l'élevage des chevaux. Elles mènaient un train de vie ostentatoire, "la mode thessalienne". L'exploitation des terres était confiée à une classe de serfs, les Pénestes. Descendants des populations indigènes pré-doriennes, ils tennaient un rang intermédiaire entre les esclaves et les hommes libres. Serfs attachés au sol, ils ne pouvaient être vendus ni mis à mort. Ils cultivaient la terre pour le compte du propriétaire à qui ils paiyaient une redevance convenue. Ils disposaient du surplus de la récolte et pouvaient devenir plus riches que leur maître. Supérieurs aux esclaves, ils pouvaient porter les armes et composer les équipages de navires. Ils servaient aussi dans la cavalerie, arme aristocratique par excellence.