Montpellier Histoire & Photos

8éme ville de France - 500 descriptions - 700 photos

Depuis 1999

Inaugurée le 30 septembre 2003 par Mr le Maire Georges Fréche en présence du Président de la république hellénique Constantinos STEPHANOPOULOS. Elle se trouve dans la quartier Antigone, derrière la place du nombre d'Or.

Adamandios Koraís.

Écrivain et philologue grec (Smyrne ,1748 -Paris ,1833 ). Il vécut la plus grande partie de sa vie àParis , où il plaida la cause hellénique et se consacra à l' édition commentée des écrivains de l' Antiquité (Bibliothèque de la littérature grecque ,composée entre 1805 et 1826 ). Il proposa une réforme de la langue grecque ,compromis entre la langue classique écrite et la langue populaire .

 

histoire de la Grèce

Aperçu général: passé prestigieux L'idéologie nationale est fondée sur l'idée de la continuité de la «nation grecque» ( Ellinikon Ethnos ) depuis l'Antiquité, bien qu'il soit évident qu'une histoire aussi longue a été, au cours des siècles, enrichie de l'apport de populations et de cultures différentes. Déjà pendant l'Antiquité, l'hellénisme, le monde de langue et de culture grecques, s'étendait bien au-delà des frontières actuelles du pays. La culture grecque a été un élément fondamental de la civilisation de l'Empire romain. L'empire d'Orient –issu de la division de l'Empire romain au IV esiècle et de la création de la «deuxième Rome» à Constantinople –s'est progressivement transformé en un Empire byzantin chrétien et hellénisé. Pendant plusieurs siècles, la civilisation byzantine, que l'on peut considérer comme la seconde grande étape de la culture grecque, domina la Méditerranée orientale. Définitivement détruit lors de la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, l'Empire byzantin fit place à un Empire ottoman; c'est au sein de ce dernier, où elle joua rôle notable, que la nation grecque moderne vit le jour. L'Église grecque devint une institution officielle et influente; le Phanar (quartier du patriarcat à Constantinople) accueillit l'intelligentsia grecque, qui fournit à la Porte médecins, interprètes, diplomates et gouverneurs. À partir du XVII esiècle, les Grecs profitèrent de la pénétration occidentale et de l'influence russe croissante pour développer leur commerce et leur marine marchande, notamment par le biais des communautés commerçantes grecques qui jalonnent les grandes routes entre l'Occident et l'Orient. Au XVIII esiècle, l'affaiblissement de l'Empire ottoman, le développement d'une bourgeoisie grecque et l'influence des Lumières firent peu à peu émerger l'idée de la création d'un État grec. Dans le réseau des communautés grecques expatriées, une société révolutionnaire, la Philikè Hetaïría , prépara la révolte qui aboutit à la révolution grecque (1821). Ce mouvement se concrétisa dans un premier temps en Moldavie et en Valachie avant d'atteindre le Péloponnèse. Sous la pression du philhellénisme, la France, la Grande-Bretagne et la Russie intervinrent en faveur de la cause grecque. Au cours de la bataille navale de Navarin (1827), leurs navires anéantirent la flotte ottomane. La Porte reconnut aux Grecs leur autonomie (traité d'Andrinople, 1829), puis leur indépendance (1832). Byzance En 285, sous le règne de Dioclétien, l'Empire romain fut divisé en une partie orientale et une partie occidentale. En 330, Constantin choisit comme capitale de l'empire d'Orient l'antique cité grecque de Byzance qu'il rebaptisa Constantinople – la ville de Constantin. Puis le monde romain d'Occident, sous la pression des barbares, sombra dans le marasme, tandis que Constantinople affirma sa suprématie pendant un millénaire, au c œur du grand Empire byzantin. La fondation de Constantinople (330 apr. J.-C.) ,L'Empire romain à la mort de Théodose (395 apr. J.-C.) ,Tête colossale de l'empereur Constantin La culture byzantine Si Byzance représentait une fusion d'éléments grecs et latins, la langue, la littérature et l'éducation helléniques étaient communes à l'ensemble de l'État. L'Empire byzantin qui jouissait d'une culture florissante et d'une grande prospérité commerciale, étendit sa domination sur un vaste territoire de l'Europe à l'Asie. Ce fut aussi le foyer de propagation du christianisme à travers les Balkans et l'Europe orientale; l'apport de Byzance fut primordial dans la conversion de la Russie kiévienne au X e siècle. Costume byzantin Bien que le grec fût la langue officielle de l'empire d'Orient, celui-ci était formé d'une mosaïque de peuples; il n'existait pas de conscience nationale au sens moderne du terme. L'État byzantin veilla néanmoins à sauvegarder et transmettre le patrimoine culturel hellénique, tout en conservant à la langue grecque son prestige et sa place au sein de l'administration et de la civilisation du monde oriental. Au XIX e siècle, les Grecs modernes se sentaient à la fois les héritiers légitimes du patrimoine byzantin et de la Grèce antique. Les invasions Durant la période byzantine, ce fut non pas la Grèce continentale mais Constantinople qui demeura le véritable foyer de la culture et de la prospérité helléniques. La Grèce proprement dite connut un déclin brutal de ses activités commerciales et agricoles, tandis qu'Athènes perdit sa réputation de centre intellectuel. Pendant toute la durée de l'époque byzantine, la Grèce continentale et les îles durent, en outre, se soumettre à des envahisseurs qui modifièrent radicalement la composition raciale de la population et eurent un effet désastreux sur la prospérité et le développement du pays. Aux IV eet V e siècles, la Grèce passa sous le contrôle des Wisigoths, des Vandales, des Ostrogoths et des Huns. Du VI e au X e siècle, elle vit successivement pénétrer les Slaves, les Bulgares, les Avars, les Cumans et les Petchenègues (Patzinaks). Au XI e siècle, les Valaques, apparentés aux Roumains modernes, s'implantèrent en Thessalie. Aux XI eet XII e siècles, les Normands, les Vénitiens et les croisés constituèrent la menace principale. Aux XIV eet XV e siècles, ce furent les Albanais qui y établirent d'importantes colonies. L'Empire romain en 378 apr. J.-C. ,L'Empire romain en 410 apr. J.-C. ,L'Empire romain en 476 apr. J.-C. De tous ces peuples, les Slaves eurent l'influence permanente la plus marquante, mais aussi la plus controversée. Dès le VI e siècle, ils poussèrent leurs tribus jusqu'en Macédoine, en Épire et en Thessalie. En 623, elles atteignirent la Crète. Elles se fixèrent progressivement dans cette contrée et adoptèrent la langue grecque. Jusqu'au XI e siècle, la Grèce continentale fut avant tout menacée au nord et à l'est par les incursions des peuples cités précédemment et les pressions de l'Empire bulgare. Le principal danger vint ensuite de l'Occident avec, en premier, les Normands qui occupaient le sud de l'Italie, puis Venise dont la puissance commerciale croissante gagna l'ensemble du bassin méditerranéen. La quatrième croisade eut, cependant, les conséquences les plus notoires pour le développement de la Grèce. En 1204, les croisés, sous l'influence vénitienne, oublièrent les «infidèles musulmans» pour s'emparer de Constantinople, place forte de la chrétienté, où ils se livrèrent au pillage. Les Vénitiens se partagèrent ensuite les pans de l'État impérial avec les seigneurs féodaux d'Europe. La Grèce continentale et insulaire perdit alors l'unité réalisée sous l'Empire. Certains des royaumes constitués à cette époque eurent une longue vie, comme la principauté d'Achaïe (1209-1432), fondée par Geoffrey de Villehardouin, et le duché de l'Archipel (1207-1566). Venise et Gênes firent aussi l'acquisition de vastes provinces. Venise prit ainsi possession de la Crète, de 1204 à 1669, et d'Eubée, de 1209 à 1470. La domination franque fut impopulaire. Peu après l'introduction du féodalisme occidental, le conflit ne tarda pas à éclater entre la hiérarchie catholique des conquérants et l'Église orthodoxe du peuple. Nombreux furent ceux qui accueillirent les Turcs ottomans en libérateurs face à la tyrannie des Francs. Bien qu'ayant retrouvé une partie de son pouvoir perdu après 1261, l'État byzantin n'était pas en mesure de rétablir sa souveraineté sur l'ensemble du monde grec. Deux nouveaux et puissants ennemis, l'Empire serbe du tsar Du Uan et les Turcs ottomans, semblaient menacer son existence. Le danger serbe diminua après la mort de Du Uan en 1355, mais en 1453, les Turcs ottomans occupèrent Constantinople qui devint alors le centre d'un grand empire islamique. Le pouvoir ottoman L'année 1453 marque, en principe, le début de la période de domination ottomane, qualifiée de turcocratie dans l'histoire de la Grèce. Toutefois, les forces ottomanes contrôlaient déjà la majeure partie de la Grèce continentale. La conquête ottomane de la péninsule balkanique commença en 1365 avec la chute d'Andrinople (Édirne). La Macédoine connut l'occupation en 1380 et la Thessalie en 1393. Le reste de la Grèce tomba peu après sous le joug du nouveau conquérant. Si Venise gardait toujours la mainmise sur un certain nombre d'îles, de ports et de points stratégiques, l'État ottoman s'affirmait comme la puissance dominante du Proche-Orient. En 1470, la Grèce proprement dite fut divisée en six sandjaks ou régions administratives. Au cours des quatre siècles suivants, Constantinople demeura, même sous le pouvoir ottoman, le foyer vital de la culture et de l'influence helléniques. La Grèce continentale soumise à la domination turque resta une région arriérée et appauvrie, comme au temps de l'hellénisme byzantin. Le régime ottoman À l'instar des autres populations chrétiennes des Balkans asservies, les Grecs furent soumis à un seul et unique système de gouvernement ottoman. Pour les Ottomans, la religion, et non pas la nationalité, constituait le fondement de la division politique. Les peuples conquis étaient libres d'embrasser la foi islamique. Parmi les Grecs, seuls les Crétois avaient massivement suivi cette voie. Une fois islamisés, ils pouvaient devenir membres de la classe dirigeante et accéder à un poste privilégié au sein de l'État. Ceux qui choisissaient de rester chrétiens recevaient un statut subalterne et devaient se conformer au système du millet qui établissait une répartition des populations selon leur confession religieuse. Ainsi, les Grecs byzantins furent assimilés au millet orthodoxe qui formait le plus important de ces groupes. Ils relevaient de la juridiction du patriarche de Constantinople, considéré comme un haut dignitaire du gouvernement ottoman. Durant la première période de la domination ottomane, l'organisation religieuse reflétait les divisions nationales des Balkans. Les Serbes étaient placés sous l'autorité du patriarcat de Pe 0, les Bulgares étaient soumis à l'archevêché d'Ohrid (Okhrid). L'image du patriarche de Constantinople demeurait étroitement liée à l'identification des intérêts grecs. Dans un premier temps, le système ottoman n'imposa pas de lourdes charges aux populations asservies. À l'échelon local, le paysan et le villageois grecs jouissaient d'une grande autonomie. La gestion des affaires communales était confiée à des notables locaux. Quelques îles grecques et certaines régions de la Grèce continentale jouissaient de droits et de privilèges dans le cadre du pouvoir ottoman. À certains égards – par exemple, en matière de tolérance religieuse  –le système était plus avancé qu'en Europe occidentale. Par ailleurs, la fiscalité et le régime général de la terre étaient plus favorables aux paysans que sous la tutelle byzantine dans la mesure où leur statut ne les transformait pas en serfs, sur le modèle de la féodalité occidentale. Les sujets chrétiens payaient généralement la dîme pour leurs terres, un impôt individuel et quelques autres redevances. Ils éprouvaient une méfiance naturelle à l'égard de la puissance musulmane à laquelle ils étaient assujettis, mais à cette époque, leur Église se montrait plus hostile envers le catholicisme et l'Occident qu'envers l'islam, comme en témoigne l'adage populaire «mieux vaut l'épée des Turcs que le pain des Francs». À cette époque, les chrétiens convertis occupaient une place prépondérante dans l'administration publique, grâce à l'institution d'une taxe sur les enfants, le devçirme (devshirme ). Un grand nombre d'enfants chrétiens fournis en tribut par les peuples vaincus étaient enlevés à leurs familles et conduits à Constantinople pour y être élevés dans l'islamisme. Les meilleurs d'entre eux étaient admis à la cour du sultan où ils recevaient une formation d'administrateurs de l'Empire. Les autres rejoignaient le corps d'élite des janissaires qui fondait la supériorité militaire ottomane. L'institution fut abolie en 1637. La structure sociale lors du déclin ottoman Le règne de Soliman le Magnifique (1520-1566) marqua l'apogée de l'Empire. Après sa mort, l'État connut un rapide déclin. La corruption et la mauvaise gestion des affaires publiques finirent par caractériser le pouvoir central et provincial. Les armées ottomanes n'étaient plus uniformément victorieuses, privant ainsi l'État d'un butin de guerre. Les conditions imposées par le régime foncier étaient devenues plus pénibles pour les paysans, les impôts avaient beaucoup augmenté et leurs prélèvements s'accompagnaient souvent d'abus et de violence. Au moment du déclin, certaines catégories de la population grecque purent bénéficier de ce que l'historien britannique Arnold Toynbee qualifie de «partenariat privilégié» au sein de l'Empire. Dans un premier temps, des Grecs furent désignés à certains postes au sein du gouvernement ottoman, de par leur connaissance des langues et leurs compétences administratives. Les plus hautes fonctions étaient celles de drogman de la Porte (qui équivaut en importance à la place de ministre des Affaires étrangères de l'Empire), drogman de la Flotte, hospodar (voïévode) ou gouverneur des pays danubiens qu'étaient la Moldavie et la Valachie. Les Grecs occupaient aussi une position de force dans la hiérarchie ecclésiastique orthodoxe dont la langue courante était le grec. Au XVIII e siècle, cette influence hellénique contribua à garantir la dissolution des organes ecclésiastiques serbes et bulgares de Pe 0et d'Ohrid et la substitution de l'hellénisme. L'Église orthodoxe était aussi corrompue que l'État ottoman; les charges ecclésiastiques, comme celle de patriarche, pouvaient s'acheter et se vendre. Les Grecs qui étaient placés dans l'administration ottomane demeuraient en général à Constantinople, dans le quartier du Phanar, d'où leur nom de phanariotes. Outre les phanariotes, la classe mercantile grecque qui avait élargi ses activités commerciales au sein de l'Empire, jouait aussi un rôle prépondérant dans l'État ottoman. Elle affirma son pouvoir à la fin du XVIII e siècle, grâce à la libre navigation l'autorisant à battre pavillon russe et aux guerres que se livraient l'Angleterre et la France au cours de la Révolution française. Les phanariotes, proches du pouvoir ottoman et de l'Église orthodoxe, et les commerçants qui pouvaient voyager et faire prospérer leurs entreprises, avaient un mode de vie et de pensée bien différent de celui des paysans de la Grèce continentale. Tous s'unirent cependant pour renverser le gouvernement ottoman. La révolution grecque Malgré la place relativement importante de certains Grecs dans le gouvernement ottoman, l'ensemble du monde hellénique était au bord de la révolte à la fin du XVIII e siècle. L'évolution des relations internationales en est l'une des causes essentielles. Depuis la fin du XVII e siècle, la Russie et l'Empire des Habsbourg qui étaient alliés, avaient infligé de multiples défaites à l'État ottoman. L'intérêt évident que portait, à l'époque, la Russie au sort des chrétiens orthodoxes sous le joug ottoman devait prendre une signification particulière dans la suite des événements en Grèce. La Russie était désormais la nation vers laquelle se tournaient les chrétiens orthodoxes pour demander de l'aide. En 1770, Catherine la Grande envoya un détachement symbolique dans le Péloponnèse pour inciter le peuple à la rébellion. L'éveil de la conscience nationale La fin du XVIII e siècle marqua une nouvelle prise de conscience de l'identité nationale grecque. Les commerçants, qui formaient une classe importante et prospère, en étroite relation avec l'Occident, furent profondément influencés par les notions de liberté et de nationalisme que leur inspirait l'idéologie de la Révolution française. Des poètes, des intellectuels, des écrivains et des chefs révolutionnaires, comme Rhigas Phéraios ou Adamantios Korais, qui figurent parmi les animateurs les plus remarquables, véhiculèrent ces idées pour les appliquer à la situation de la Grèce sous domination ottomane. Ils rappelèrent au peuple grec son passé glorieux, notamment la splendeur de la Grèce antique, et opposèrent leurs points de vue de l'époque avec les conditions du régime ottoman. La révolte armée L'état de guerre quasi permanent et la désintégration progressive du pouvoir central contribuèrent au déclin inexorable de la Grèce continentale. Pour venir à bout de la révolte de 1770, l'Empire ottoman envoya dans le Péloponnèse des troupes albanaises qui dévastèrent la région pendant neuf ans. En outre, certains gouverneurs provinciaux, comme Ali Pacha de Janina qui joua un rôle primordial dans la conduite des affaires grecques, purent défier l'autorité du pouvoir central. L'incapacité de l'État ottoman à maintenir l'ordre à l'intérieur de ses frontières, ainsi que la montée du sentiment national grec furent les signes avant-coureurs de la révolution. Une grande partie de la population de la Grèce continentale était organisée en bandes armées plus ou moins reconnues. Après l'éclatement de la révolte, les flottes marchandes des commerçants et de la population insulaire jetèrent les fondements d'une marine nationale.   Chronologie (1821): Début de la guerre d'indépendance grecque Les initiatives de la société secrète Philikè Hetaïría («Société amicale»), fondée à Odessa en 1814, précipitèrent la révolution grecque qui débuta dans les principautés danubiennes fortement influencées par la Grèce. En mars 1821, le prince Alexandre Ypsilanti, aide de camp du tsar Alexandre I er de Russie, traversa le fleuve Pruth (Prut) et pénétra en Moldavie. Les troupes grecques sous son commandement furent rapidement vaincues par l'armée ottomane et le mouvement contre-révolutionnaire roumain. Mais, entre-temps, une révolte éclata le 25 mars dans le Péloponnèse. Ce soulèvement allait être le prélude à dix années de révolution et de guerre civile en Grèce. Au début, les insurgés remportèrent des victoires successives. Ils prirent le contrôle du Péloponnèse et des territoires au nord du golfe de Corinthe. Telle fut la limite de leur champ d'action. Le Péloponnèse demeura ensuite le foyer de la révolution. Les navires grecs aidèrent aussi à libérer quelques îles. Malheureusement, le maintien de l'autorité grecque fut ébranlé durant toute la révolution du fait des dissensions permanentes et de la guerre civile qui s'ajouta à la révolution. En janvier 1822, une Assemblée nationale réunie à Épidaure rédigea une Constitution et élut son premier Président, le phanariote Alexandre Mavrocordatos. Mais son gouvernement fut incapable de réellement fonctionner et de réconcilier les factions rivales. Les gouvernements suivants furent tout aussi incapables de réaliser une unité de commandement.   Cette instabilité politique intérieure ne tarda pas à faire perdre aux forces helléniques leur avantage initial. En 1825, le pouvoir ottoman, incapable de contrôler la révolte avec sa propre armée, demanda le renfort du pacha d'Égypte, Mehmet Ali. La Crète et le Péloponnèse lui avaient été promis en rétribution pour la victoire. Les forces égyptiennes commencèrent par occuper la Crète et pénétrèrent dans le Péloponnèse. La révolution grecque parut alors compromise. L'intervention étrangère Il était évident, à partir de 1826, que les Grecs ne pouvaient pas réussir sans une aide extérieure. Après le déclenchement de la révolution en 1821, les chances d'obtenir cette aide extérieure semblaient assez faibles. La Grèce se tourna d'abord vers la Russie, mais Alexandre I er , en raison de ses convictions politiques personnelles, refusa d'apporter son soutien à une révolte contre l'autorité légitime de l'État. Dans les années qui suivirent, la Grèce se tourna vers les pays occidentaux, notamment la Grande-Bretagne. La cause grecque trouva dans le philhellénisme un allié inestimable pour la suite. Lorsqu'il devint évident que la révolution grecque n'allait pas être immédiatement étouffée, la lutte des Grecs suscita beaucoup d'intérêt et de sympathie en Europe. Les intellectuels européens comparèrent les Grecs modernes à leurs ancêtres de leurs études classiques et firent pression sur leur gouvernement afin de soutenir les insurgés. La mort du poète Byron en 1824, à Missolonghi, et l'entrée d'autres Européens dans le conflit contribuèrent à mobiliser l'opinion publique européenne.   Lord Byron L'intervention de l'Égypte et la sympathie du peuple égyptien obligèrent finalement les gouvernements européens à agir. En 1826, la Russie et l'Angleterre signèrent le protocole de Saint-Pétersbourg. Elles furent rejointes en 1827 par la France qui ratifia le traité de Londres. Ces accords avaient pour but d'arbitrer le conflit et prévoyaient la reconnaissance d'un régime d'autonomie pour la Grèce insurgée. En octobre 1827, une escadre anglo-franco-russe patrouillant en Méditerranée détruisit la flotte turco-égyptienne lors de la bataille navale de Navarin. Dans les mois qui suivirent, ce conflit ainsi que d'autres dissensions eurent pour effet d'envenimer les relations entre la Russie et l'Empire ottoman. La guerre fut déclarée en avril 1828. Après une campagne difficile, l'armée russe avança jusqu'aux portes de Constantinople. Par le traité d'Andrinople, en septembre 1829, la Russie passa un accord avec la Turquie, contrainte de reconnaître l'existence d'un État grec autonome.   Pendant la guerre russo-turque, les gouvernements britannique et français conclurent un accord avec Mehmet Ali en faveur du retrait des forces égyptiennes du Péloponnèse. En 1827, la Grèce fit appel à Ioánnis Kapodhístrias (Jean Capo d'Istria), ancien ministre des Affaires étrangères du tsar Alexandre I er , pour former un nouveau gouvernement. Capo d'Istria tenta de réorganiser l'administration sur un modèle centralisé, fort, et de jeter les fondements d'un État moderne. Son caractère absolu autocrate et les jalousies naturelles que suscitaient son statut et son pouvoir entraînèrent de profondes divisions au sein de la classe politique grecque. Son assassinat, en 1831, sema le trouble dans le pays, mais entre-temps, les grandes puissances avaient déjà pris des mesures pour donner à la Grèce son premier gouvernement indépendant.

 

Othon I er (1833-1863)

Par le traité de Londres de 1827, les trois puissances signataires accordaient un statut autonome à la Grèce. En 1830, elles décidèrent de la création d'un État grec indépendant, totalement séparé du pouvoir ottoman, mais avec des frontières restreintes. L'accord final de 1832 étendit la frontière du golfe de Volos (Pagasai) en Thessalie jusqu'au golfe d'Arta en Épire. Athènes fut ainsi rattachée à la Grèce, mais le nouvel État ne comptait alors qu'une population de 800  000 habitants. Trois fois plus de Grecs étaient restés sous domination ottomane.

La monarchie indépendante La Grèce fut précisément placée sous la triple protection de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie qui allaient par la suite intervenir en permanence dans ses affaires intérieures. Les trois puissances délimitèrent non seulement les frontières de l'État grec indépendant, mais elles en choisirent aussi le souverain et définirent la forme de gouvernement. Le trône fut d'abord offert au prince Léopold de Saxe-Cobourg qui le refusa. Le roi Louis (Ludwig) I er de Bavière en accepta finalement la charge au nom de son fils cadet de 17 ans, qui devint le roi Othon I er .   Entouré de troupes et de conseillers bavarois, il abolit les formes d'administration locale. Succédant à Nauplie, Athènes, la nouvelle capitale, centralise tous les pouvoirs. L'Église du royaume est déclarée autocéphale, c'est-à-dire qu'elle devient indépendante de Constantinople.   En raison de la situation intérieure critique de la Grèce, les puissances acceptèrent le régime absolutiste du roi Othon et la dispersion des forces armées grecques. Près de 3  500 soldats européens, surtout allemands, furent engagés à leur place pour constituer l'armée du nouvel État grec. Othon étant mineur, il fut secondé par une régence composée de trois Bavarois: le comte Von Armansperg, le général Karl Heidegger et Georg von Maurer. Malgré la présence dans l'administration de quelques Grecs phanariotes, comme Ioannis Kolettis ou Alexandre Mavrocordatos, le premier gouvernement grec indépendant était essentiellement composé de Bavarois. Les régents, qui étaient tous compétents dans leur domaine, décidèrent de créer un État centralisé, inspiré des modèles européens reconnus qu'ils jugeaient les meilleurs pour la Grèce. Maurer, historien en droit, fut chargé de rédiger le code juridique. Le gouvernement institutionnalisa l'enseignement public. En 1837, la première université de l'État grec fut créée à Athènes. L'Église grecque fut séparée du patriarcat œcuménique de Constantinople, considéré comme étant sous domination ottomane. La ville d'Athènes, qui était un bourg insignifiant en 1830, fut restructurée pour devenir la capitale du pays. Malgré les améliorations incontestables et les efforts sincères du souverain et de ses conseillers, le gouvernement se heurta à un vaste mécontentement. Les Bavarois étaient détestés parce qu'ils étaient étrangers et la plupart de leurs initiatives étaient malvenues et beaucoup trop coûteuses pour la Grèce appauvrie des années 1830. Les régents étaient aussi souvent en désaccord. En outre, trois partis politiques – les partis «français», «anglais» et «russe»  –firent leur apparition, chacun d'eux étant lié au pays dont il portait le nom. Comme les puissances protectrices étaient en conflit mutuel, cette situation contribua à accroître l'instabilité à l'intérieur du pays. En 1835, Othon, devenu majeur, introduisit un nombre plus important de Grecs dans le gouvernement et ne garda qu'un ministre bavarois.   Les échecs de la politique étrangère, la détérioration rapide des finances publiques et les rivalités politiques entre les partis aboutirent au coup d'État de 1843, dirigé par les factions pro-britanniques et pro-russes. Othon fut contraint d'accepter l'instauration d'une monarchie constitutionnelle. La Constitution rédigée en 1844 établit une législature comprenant deux Chambres: le Sénat, composé de 27 membres, et le Parlement, élu au suffrage universel masculin. Si la monarchie constitutionnelle avait théoriquement été instaurée en Grèce, le fonctionnement du gouvernement n'avait guère changé dans la pratique. Le roi Othon, avec la collaboration de Kolletis, du Parti français, qui connaissait bien les méthodes de gouvernement appliquées en France sous le règne de Louis-Philippe, dirigea simplement les élections; les candidats royalistes sortaient toujours vainqueurs. Cette méthode de gouvernement porta ses fruits en raison de la popularité du Parti français et le roi adopta d'emblée la politique d'expansion nationale souhaitée par le peuple grec. Le projet national grec formulé à l'époque porte le nom de Megale Idea (la «Grande Idée»). Certains partisans de cette «Grande Idée» préconisaient un programme politique limité, visant à intégrer l'ensemble de l'hellénisme sous domination étrangère dans l'État grec. D'autres rêvaient de manière plus ambitieuse de recréer l'Empire byzantin et formulaient en particulier le projet de reprendre Constantinople pour en faire la capitale de l'État grec. La Grande-Bretagne, qui entendait préserver l'intégrité territoriale de l'Empire ottoman, était plus fermement opposée à l'instauration d'un grand hellénisme. Les forces britanniques et françaises occupèrent le Pirée de 1854 à 1857 pour empêcher le gouvernement grec de profiter de la guerre de Crimée pour neutraliser les territoires peuplés de Grecs. L'abdication d'Othon La guerre de Crimée (1854-1856) marqua l'apogée du règne d'Othon. Très vite, toutefois, le mécontentement se manifesta de nouveau à l'encontre de son gouvernement. Othon n'avait pas d'enfant; ses héritiers étaient ses frères, élevés dans la foi catholique romaine; ils ne pouvaient donc pas prétendre à la succession selon la Constitution qui exigeait l'orthodoxie pour son successeur. Le roi s'était aussi attiré l'hostilité de la Triple Alliance. Lors du troisième coup d'État d'octobre 1862, Othon ne tenta pas d'opposer une véritable résistance, mais préféra regagner tranquillement la Bavière. Devant la vacance du trône, les trois puissances protectrices se réunirent une fois encore afin de choisir un nouveau roi pour la Grèce.   Georges I er (1863-1913) Le choix d'un monarque se porta de nouveau sur le deuxième fils du futur roi du Danemark, le jeune prince Guillaume Georges Glycksbourg, alors âgé de 18 ans, qui devint Georges I er , roi de Grèce. Son titre permettait d'asseoir sa suprématie théorique sur l'ensemble des populations grecques à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Le choix d'un nouveau roi présenté à l'instigation de l'Angleterre s'accompagna de la cession à l'État grec des îles Ioniennes (l'Heptanèse) qui étaient maintenues sous protectorat britannique depuis 1815. Une nouvelle Constitution fut rédigée en 1863. Extrêmement démocratique, elle prévoyait une législature à chambre unique basée sur une représentation proportionnelle et élue au suffrage universel masculin, secret et direct. Les pouvoirs du roi étaient encore plus limités.   Rivalité de partis Malgré la présence d'un nouveau monarque et d'autres dispositions constitutionnelles, la vie politique grecque demeura instable. Après la guerre de Crimée, les partis fondés sur des liens étrangers avaient été dissous pour faire place à un système pluripartite centré sur des dirigeants individuels. Les élections étaient souvent corrompues et ponctuées d'actes de violence.   Après 1872, un système bipartite prit forme avec l'émergence de deux dirigeants principaux, Théodore Délighiannis et Charilaos Tricoupis. La politique grecque des années 1870 à 1890 fut dominée par la rivalité entre ces deux hommes qui défendaient des principes antagonistes en matière de politique étrangère. Tricoupis estimait que le gouvernement grec devait se concentrer sur le développement intérieur et le progrès social. Dès son arrivée au pouvoir, il se lança une politique de modernisation économique, soutenue par l'installation dans le pays de capitalistes grecs de la diaspora chassés par la montée des nationalismes; il poursuivit la construction du réseau routier et ferroviaire et le développement du système bancaire. De son côté, Délighiannis était convaincu de la nécessité de poursuivre la Grande Idée et de continuer à appliquer une politique étrangère active.   La politique expansionniste Même si l'État grec ne disposait pas des fondements économiques lui permettant de mener une politique étrangère aventureuse, tout le règne de Georges I er fut placé sous le thème de l'expansion territoriale. Les régions sous le joug ottoman que convoitait surtout le gouvernement grec étaient la Thessalie, l'Épire, la Macédoine et la Crète. Au XIX e siècle, la Crète fut le théâtre de révoltes successives: en 1841, 1858, 1866-1868, 1878 et 1896-1897. Après l'insurrection de 1866, certaines réformes furent mises en place au sein de l'administration crétoise. En 1878, le protocole d'Alep entérina la nomination d'une administration grecque et la convocation d'une assemblée.   La question crétoise avait son importance, mais le véritable problème dans les relations internationales grecques était la Macédoine. Les Grecs installés en Crète représentaient à l'évidence la nationalité prédominante. En Macédoine, les revendications hellénistes étaient contrecarrées par les Serbes et les Bulgares. En 1870, sous la pression russe, le gouvernement ottoman institua l'exarchat, titre du chef de l'Église nationale bulgare, qui prévoyait que si les deux tiers d'un district macédonien votaient en faveur de l'exarchat, cette entité émancipée du patriarcat œcuménique de Constantinople serait placée sous la tutelle de la nouvelle Église. Par le traité de San Stefano (1878) qui suivit la guerre russo-turque de 1877, la Russie imposa l'intégration d'une majeure partie de la Macédoine dans l'État bulgare.   Au congrès de Berlin, en 1878, la Russie fut contrainte d'accepter le démembrement de la Bulgarie en trois parties et le retour de la Macédoine sous la tutelle ottomane. Cet espace devint alors une source de conflit majeure entre les trois États voisins. Chacun organisa des réseaux de résistance sous forme de sociétés culturelles et de bandes armées. Depuis cette période jusqu'à nos jours, le problème de la Macédoine demeure la principale cause de dissension entre ces trois pays de la péninsule balkanique.

Suite aux décisions du congrès de Berlin, la Grèce fit d'importantes acquisitions. En 1881, elle annexa la Thessalie et une partie de l'Épire. En 1878, l'île de Chypre, à prédominance grecque, fut cédée à l'Angleterre par l'Empire ottoman. (Cette possession britannique allait être à l'origine d'une crise majeure après la Seconde Guerre mondiale.) En 1896, un autre soulèvement se produisit en Crète. Le gouvernement grec envoya des troupes et des navires pour venir en aide aux insurgés. Les grandes puissances intervinrent une nouvelle fois pour empêcher le rattachement de la Crète à la Grèce, en imposant un blocus. En 1897, des échauffourées aux frontières de la Grèce continentale l'entraînèrent dans une guerre contre la Turquie. Ce conflit marqua la supériorité des troupes turques qui infligèrent une défaite aux troupes grecques.   Les grandes puissances empêchèrent toutefois l'Empire ottoman de profiter de la situation. La Grèce ne perdit que quelques parcelles de territoire le long de ses frontières et l'on exigea le versement d'une indemnité. Les puissances occidentales imposèrent aussi l'autonomie administrative de la Crète. Le prince Georges, fils cadet de Georges I er , fut nommé haut commissaire de la Crète autonome. En 1906, suite à un différend avec de hauts fonctionnaires crétois, il fut contraint d'abdiquer. En 1908, la révolution des Jeunes Turcs de l'Empire ottoman remit en question le statut de la Crète et de la Macédoine. Une fois encore, la Crète rechercha l'union avec la Grèce. Sous la pression des grandes puissances, le gouvernement grec fut obligé de renoncer à toute tentative d'union, au grand dam de l'opinion publique grecque. La Ligue militaire, formée par un groupe d'officiers radicaux, était déterminée à réformer le gouvernement. Après avoir fomenté avec succès un coup d'État en 1909, elle fit appel aux conseils de l'homme politique crétois Eleuthérios Vénizélos. Dès son arrivée à la tête du gouvernement, Vénizélos conduisit les membres de la Ligue militaire à la dissolution, puis lança une réforme constitutionnelle. La Constitution révisée en juin 1911 permit d'améliorer l'efficacité du gouvernement. Vénizélos entama des négociations avec les pays balkaniques voisins, dont l'échec aboutit au déclenchement de la première guerre des Balkans.   Les problèmes économiques Georges I er fut assassiné à Salonique en mars 1913. Son fils, Constantin I er , lui succéda. Le développement économique intérieur ne fut pas à la mesure des avancées en matière de politique extérieure réalisées sous le règne de Georges I er . Le gouvernement fit plusieurs emprunts à l'étranger à partir de 1830. La détérioration des finances publiques était telle à la fin du XIXe siècle que l'Entente imposa à l'État grec la présence d'une Commission internationale de contrôle économique.   Les années de guerre (1912-1923) La Grèce connut entre 1912 et 1923 une période de conflit quasi permanent. Tout d'abord, en 1912, elle conclut une série d'accords avec la Bulgarie, la Serbie et le Monténégro, jetant ainsi les fondements de l'Entente balkanique. Cette alliance visait à évincer l'Empire ottoman de l'Europe et à s'attribuer le reste des possessions ottomanes, en particulier la Macédoine. Encouragée par la victoire italienne sur les Turcs en 1911, l'Entente balkanique était assurée de vaincre les forces ottomanes.   Les guerres balkaniques La première guerre des Balkans éclata en octobre 1912. L'Entente balkanique ne tarda pas à mettre son projet à exécution. Les troupes ottomanes furent contraintes de reculer au-delà de l'axe Enos-Media. De son ancien et vaste empire d'Europe, le gouvernement ottoman ne détenait plus désormais que Constantinople et une petite partie de l'arrière-pays. Après avoir assuré sa victoire militaire, l'alliance balkanique commença à se disputer le partage de la Macédoine. L'affaire était d'autant plus complexe que les grandes puissances étaient favorables à la création d'un État albanais regroupant certains des territoires revendiqués par la Grèce et la Serbie. La seconde guerre balkanique (1913) fit resurgir cette pomme de discorde opposant la Grèce, la Serbie et le Monténégro, rejoints par la Roumanie et l'Empire ottoman, contre la Bulgarie.   La défaite de la Bulgarie entraîna son éviction du partage de la Macédoine; elle ne reçut qu'une petite partie de la Thrace avec le port de Dedeagatch (Alexandroupolis). La Grèce et la Serbie s'attribuèrent la majeure partie de la Macédoine, le port de Salonique revenant notamment à la Grèce. L'accord définitif prévoyait aussi la cession de la Crète et de plusieurs autres îles à la Grèce. La création d'un État albanais indépendant dont les frontières englobaient l'Épire du Nord revendiquée par la Grèce allait avoir des conséquences graves sur l'orientation future de la politique étrangère grecque.  

La Première Guerre mondiale et ses conséquences Les guerres balkaniques venaient à peine de prendre fin qu'éclata la Première Guerre mondiale, cause de profondes dissensions au sein du gouvernement grec. Le roi et le Premier ministre étaient en désaccord sur la politique à adopter pour la Grèce. Constantin I er , impressionné par la puissance militaire allemande, entendait préserver la neutralité grecque. En revanche, Vénizélos trouvait préférable de collaborer avec le Royaume-Uni, la France et la Russie qui demeuraient les puissances protectrices de la Grèce. Il était également conscient de la prédominance de la flotte britannique en Méditerranée orientale.   En 1916, Vénizélos, avec l'appui de l'Angleterre et de la France, forma un gouvernement républicain à Salonique. Dans le même temps, les Alliés imposèrent un blocus autour de la Grèce et firent débarquer leurs troupes au Pirée en décembre 1916. Cette intervention flagrante obligea Constantin I er à quitter le pays. Son fils cadet, Alexandre, lui succéda. Vénizélos prit la tête du gouvernement et, en juin 1917, la Grèce entra en guerre au côtés des Alliés contre les puissances centrales. Les troupes grecques ne s'engagèrent toutefois dans la bataille contre la Bulgarie qu'à la fin des hostilités. Après la fin du conflit, la Grèce participa à la conférence de la paix. Par le traité de Neuilly reconnaissant la défaite de la Bulgarie (novembre 1919), la Grèce récupéra la Thrace occidentale qui avait été attribuée à la Bulgarie en 1913. Des accords relatifs à un échange de populations furent également conclus.   Les négociations avec les Turcs allaient se révéler plus délicates. La ratification du traité de Sèvres avec le gouvernement ottoman en 1920 attribuait à la Grèce de vastes territoires, notamment la Thrace orientale, quelques îles, et lui confiait en même temps l'administration de la région de Smyrne en Anatolie pour une période de cinq ans. Un plébiscite fut ensuite organisé pour déterminer les dispositions définitives applicables à cette zone. Mais cet accord fut rejeté par les forces nationalistes turques dirigées par Mustafa Kemal.   La fin de la «Grande Idée» Pendant ce temps, en Grèce, le mécontentement lié aux longues années de guerre et à certains aspects de l'administration de Vénizélos aboutit à la défaite du Premier ministre aux élections de novembre 1920. Un plébiscite organisé en décembre eut pour conséquence la restauration de Constantin I er . Le roi et ses ministres se lancèrent alors dans une opération périlleuse. Les forces grecques basées à Smyrne pénétrèrent jusqu'en Anatolie pour affronter les Turcs. Arrivées à 32 kilomètres d'Ankara, elles furent définitivement vaincues par Mustafa Kemal en août et septembre 1921. La contre-attaque turque amena la Grèce à la catastrophe. En septembre 1922, l'armée turque occupa et incendia le quartier grec de Smyrne. La tragédie d'Asie Mineure aboutit à l'insurrection de la défense hellénique, sous les ordres des colonels Nikolas Plastiras et Stylianos Gonatas. Constantin I er abdiqua en faveur de son fils Georges II qui monta sur le trône en septembre 1922.   La Grèce et la Turquie ratifièrent le traité de Lausanne en juillet 1923. Cet accord confirmait le tracé des frontières entre les deux pays et prévoyait surtout l'échange obligatoire des populations. Suite à la signature des traités concernant les minorités nationales, la nation grecque, forte d'une population de 4,5 millions d'habitants, fut contrainte d'accueillir sur son sol près de 1,3 million de Grecs de l'étranger, dont la plupart étaient des réfugiés sans ressources. Bon nombre d'entre eux s'installèrent dans les nouvelles régions rattachées de Thrace et de Macédoine, où s'établit une homogénéité ethnique totale. Mais l'État grec héritait du lourd fardeau d'une brusque surpopulation qu'il fallait intégrer, avec ses conséquences économiques.   L'année 1923 marqua la fin de la «Grande Idée». La Grèce avait effectivement étendu sa superficie de manière considérable entre 1913 et 1923; mais les échanges de population avaient détruit la prospérité des colonies grecques d'Anatolie, de Bulgarie, mais aussi d'Union soviétique. La Grèce indépendante avait atteint ses limites territoriales. Seuls quelques ajustements mineurs allaient être apportés dans les années suivantes.

La période de l'entre-deux-guerres (1923-1939) La question politique fondamentale après 1923 portait sur le maintien ou l'abolition de la monarchie. Ce problème trouva finalement une issue dans l'évolution de l'opinion au sein de l'armée et le conflit entre les officiers royalistes et républicains. Georges II ne resta au pouvoir que jusqu'en décembre 1923. Vénizélos qui était favorable à la monarchie constitutionnelle, quitta le pays le mois suivant. Le plébiscite d'avril 1924 aboutit à la victoire des forces républicaines et à la proclamation de la République le 1 er  mai. Le général Théodore Pangalos s'empara du pouvoir en juin 1925, puis s'octroya la présidence de la République en janvier 1926, jusqu'au renversement de sa dictature en août, après un nouveau coup d'État. Les problèmes intérieurs Le retour de Vénizélos à la tête du gouvernement ramena la stabilité politique en Grèce à partir de juillet 1928. Ses quatre ans et demi de pouvoir (1928-1933) furent jalonnés de succès en politique étrangère (politique de réconciliation avec la Turquie kémaliste), malgré la difficulté des problèmes intérieurs auxquels il était confronté. Toute la période de l'entre-deux-guerres fut marquée par la faiblesse de l'économie grecque. Le pays devait importer la moitié des produits nécessaires à son alimentation de base; les réfugiés grevaient lourdement le budget de l'État. Les principales exportations grecques (huile d'olive, vin et tabac) étaient des produits de luxe dont la vente avait souffert pendant la crise économique mondiale. En 1933, Vénizélos revint au pouvoir pour la dernière fois. Vaincu aux élections, il céda la place à Panayiotes Tsaldaris qui, pendant deux ans et demi, tenta de maîtriser les obstacles de la situation intérieure. L'année 1935 marqua le triomphe des forces royalistes et le retour en Grèce de Georges II, après un plébiscite truqué. De retour au pouvoir, le roi eut beaucoup de mal à sortir de l'impasse dans laquelle la vie politique grecque s'était enfermée à cause du clivage divisant la société en deux camps adverses. Les élections organisées en 1936 envoyèrent à l'Assemblée 143 députés royalistes, plus 142 libéraux, républicains et agrariens. Les communistes, avec 15 sièges, purent alors jouer le rôle d'arbitre. Cette situation favorisa l'ascension du nouvel homme fort, le général Ioannis Métaxas. Nommé Premier ministre en avril 1936, il se proclama dictateur en août de la même année. Le gouvernement de Métaxas, dit «régime du 4 août», s'aligna sur les autres dictatures européennes de l'époque. Métaxas imposa la dissolution des partis, introduisit un système de censure rigoureux et assura le contrôle étroit de la vie politique. Il instaura des réformes sociales et lança un programme de travaux publics. Les affaires extérieures La politique extérieure durant la période qui suivit immédiatement la Première Guerre mondiale fut assortie de problèmes mineurs concernant, pour la plupart, les traités de paix conclus avec l'Italie, la Bulgarie, la Yougoslavie et la Turquie. Le gouvernement de Vénizélos s'efforça avant tout de normaliser les relations de la Grèce avec les pays voisins. L'aboutissement de cette politique fut marqué par le traité balkanique de février 1934 entre la Roumanie, la Turquie, la Yougoslavie et la Grèce (l'Entente balkanique). Au cours des années suivantes, la Grèce se rapprocha de l'Allemagne afin de trouver des débouchés à l'exportation, en particulier pour le tabac, mais elle resta en relation avec l'Angleterre et la France. En avril 1939, après l'occupation italienne en Albanie, la Grèce accepta la garantie de son territoire national par les Britanniques. La Seconde Guerre mondiale et la révolution (1939-1949) Au début de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, la Grèce tenta tout d'abord de conserver sa neutralité, mais l'attaque des armées de Mussolini, en octobre 1940, la plongea dans le conflit. Les troupes italiennes furent écrasées par l'armée grecque qui les contraignit à se replier précipitamment sur leurs positions initiales sur le front albanais. L'Allemagne, consciente de la nécessité d'assurer sa défense méridionale avant d'attaquer en Union soviétique, accourut au secours de son alliée en avril 1941 et lança une double offensive contre la Grèce et la Yougoslavie. La Grande-Bretagne envoya un petit nombre de troupes en Grèce, tandis que l'armée allemande envahit la Grèce continentale, puis s'embarqua en mai pour la Crète. Appuyées par les Britanniques, les troupes grecques livrèrent là une dernière bataille, avec le soutien actif de la population. La Grèce demeura jusqu'en octobre 1944 sous la triple occupation allemande, italienne et bulgare. L'occupation allemande Durant le reste de la guerre, la Grèce disposa, en fait, de trois centres de commandement. L'occupation allemande constitua un gouvernement fantoche à Athènes. Le roi, quelques personnalités du monde politique et les chefs des armées grecques s'exilèrent. La résistance s'organisa à partir de 1942. Dans les montagnes et les régions isolées de la Grèce continentale commencèrent à se former des foyers de résistance avec leurs propres organisations politiques. Malgré le succès de certaines de ses actions, de graves antagonismes politiques éclatèrent au sein de ces mouvements de résistance, où le clivage gauche/droite remplaça progressivement la division entre «vénizélistes» et royalistes. Les deux formations principales étaient le Front national de libération (EAM), dirigé par les communistes, et la Ligue nationale démocratique grecque (EDES), sous les ordres du colonel Napoléon Zervas. L'EDES se situait à droite de l'EAM dans son idéologie politique, mais la plupart de ses membres étaient des républicains opposés à la monarchie. Durant la guerre, les deux mouvements entreprirent plusieurs actions conjointes contre l'occupant, mais il leur arrivait aussi de se quereller. Tous deux étaient, néanmoins, hostiles au retour du roi après la guerre et, par conséquent, opposés au gouvernement en exil. En avril 1944, une mutinerie au sein des troupes grecques basées en Égypte témoigna aussi de la même désaffection. En mai 1944, une conférence réunissant les membres du gouvernement en exil, les représentants des partis politiques et des mouvements de résistance, fut convoquée au Liban. Elle obtint la formation d'un gouvernement d'unité nationale sous la présidence de Georges Papandhréou. Il avait été convenu d'organiser un plébiscite en Grèce avant le retour du roi et de procéder à l'unification des forces armées de la résistance et du gouvernement en exil. Après la libération Malgré l'accord passé en faveur de l'union, la question du sort des unités de résistance fut à l'origine d'une crise majeure. En octobre 1944, Papandhréou revint à Athènes, accompagné d'un détachement de troupes britanniques. Le gouvernement grec tenta alors d'exiger le désarmement et le démantèlement des forces de l'EAM. En décembre 1944, la guerre civile éclata à Athènes et s'étendit à d'autres régions du pays. La révolte ne fut jugulée qu'après l'intervention des troupes britanniques arrivées en renfort. Le traité de Varkiza, ratifié en février 1945, proclama la reddition de l'EAM, l'organisation d'élections et d'un référendum sur la restauration de la monarchie. Les élections se déroulèrent en mars 1946, mais dans des conditions qui entraînèrent l'abstention de l'EAM et de certaines forces libérales, ce qui valut aux royalistes de remporter une nette victoire. Lors du plébiscite organisé en septembre, sous l'autorité du Premier ministre Constantin Tsaldaris, plus de 65 % des électeurs se déclarèrent favorables au retour du roi. Georges II regagna Athènes dans le mois. Il mourut en avril 1947 et son frère Paul lui succéda. Le Dodécanèse (y compris Rhodes), jusque-là occupé par l'Italie, fut rattaché à la Grèce en 1947. Le retour de ces îles en son sein fut l'unique bénéfice que le pays tira de son engagement dans la Seconde Guerre mondiale.   La guerre civile Après sa défaite politique, la gauche se prépara à la guerre civile. Elle reçut l'appui des gouvernements communistes d'Albanie, de Bulgarie et de Yougoslavie. Un gouvernement provisoire fut constitué dans les montagnes en décembre 1947, sous l'autorité du chef communiste Markos Vafiades.   Le gouvernement britannique, qui n'avait cessé d'exercer une influence majeure dans les affaires grecques, avait manifesté sa volonté de voir les forces militaires appuyer son action. Mais face à cette nouvelle crise, la Grande-Bretagne affaiblie estima ne plus pouvoir tenir ses engagements. Elle céda sa place aux États-Unis. La «doctrine Truman», proclamée en mars 1947, entendait protéger la Grèce et la Turquie contre la menace du communisme. La Grèce bénéficia d'une aide militaire et économique massive (3,5 milliards de dollars furent octroyés en 1963 au titre du programme). Malgré cette aide, le gouvernement grec ne put mettre un terme à la guerre civile avant 1949. En juillet 1948, la rupture entre Tito et Staline aboutit à la fermeture de la frontière yougoslave aux rebelles grecs. Privés de leur principale source d'aide extérieure, ces derniers n'avaient plus les moyens de poursuivre la lutte. La Grèce après 1949 Entre 1949 et 1952, la politique intérieure grecque demeura instable. Cependant, en 1952, apparut un nouvel homme fort en la personne du maréchal Alexandre Papagos qui fonda son pouvoir sur une coalition politique, «l'Alarme grecque». La démocratie conservatrice Une nouvelle loi électorale fut promulguée en octobre 1952 et aux élections de novembre, «l'Alarme» put obtenir la majorité parlementaire. Papagos fut nommé Premier ministre. La Grèce adhéra à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) au début de 1952. En 1953, elle autorisa la création de bases navales et aériennes américaines sur son territoire.   Papagos resta au pouvoir jusqu'à sa mort en octobre 1955. Une relative stabilité politique subsista sous le gouvernement de Constantin Caramanlis et de son parti, l'Union nationale radicale (ERE). Caramanlis, sous l'autorité duquel fut réalisée l'association de la Grèce à la Communauté économique européenne (1962), remporta trois élections et gouverna jusqu'en 1963.   La question de politique étrangère qui échauffa les esprits en Grèce après 1949 concernait le problème de Chypre. Peuplée d'environ un cinquième de Turcs pour quatre cinquièmes de Grecs, cette île se dresse à 65 kilomètres au large de la Turquie, mais à 1  300 kilomètres de la Grèce. Conquise par la Turquie, elle fut cédée à l'Angleterre comme territoire à bail en 1878; son gouvernement colonial était impopulaire. L'aspiration des Chypriotes grecs à l'Enosis (l'union avec la Grèce) et le soutien de leur revendication étaient entre les mains de deux hommes politiques chevronnés, l'archevêque Makarios III et le général Georges Grivas. La Turquie était opposée au désir d'annexion de la Grèce et souhaitait le retour de Chypre en son sein. En 1959, l'Angleterre, la Turquie et la Grèce acceptèrent finalement l'accession de Chypre à l'indépendance, mais à condition de protéger la minorité turque. En 1960, Chypre fut constituée en république présidentielle, avec comme premier président l'archevêque Makarios. Mais les accords établissant l'indépendance ne furent pas capables d'assurer le règlement de la question chypriote.   En 1963, Caramanlis et l'ERE durent céder aux pressions de l'Union du centre, dirigée par Georges Papandhréou qui sera porté au pouvoir, et Sophocle Vénizélos, fils de l'ancien Premier ministre Eleuthérios Vénizélos. À l'issue de deux élections organisées en novembre 1963 et février 1964, l'Union du centre obtint la majorité absolue au Parlement. Dans le même temps, de violents incidents éclatèrent entre Chypriotes turcs et grecs, créant une tension dans les relations gréco-turques. Les Nations unies envoyèrent une force de maintien de la paix à Chypre.   Après la restauration de la monarchie en 1946, les querelles continuèrent à alimenter les rapports entre la couronne et le gouvernement. Le roi Paul mourut en 1964 et son fils de 23 ans, Constantin II, lui succéda. Le Premier ministre Papandhréou, en profond désaccord avec le roi au sujet de l'intervention de la couronne dans la vie politique grecque, fut contraint de démissionner en 1965. La Grèce entra ensuite dans une période de crise politique due à la faiblesse du gouvernement. La dictature des colonels En avril 1967, un groupe d'officiers supérieurs, sous les ordres du colonel Gheórghios Papadhópoulos, fomenta un rapide coup d'État, sans effusion de sang, qui eut pour conséquence l'annulation des élections, la censure de la presse et l'établissement de la dictature militaire. Le roi sembla accepter le nouveau régime mais, en décembre 1967, il tenta de renverser la dictature. L'opération échoua et le souverain partit en exil. Papadhópoulos occupa le poste de Premier ministre et nomma un vice-roi. Le gouvernement de Papadhópoulos procura une certaine stabilité économique, mais au début de 1973, les manifestations des étudiants et la rébellion de la marine posèrent un problème de légitimation du régime. Le 1 er  juin 1973, le Premier ministre annonça l'abolition de la monarchie, proclama la République et se nomma président en août. Papadhópoulos promit la restauration des libertés civiles et le passage à un régime parlementaire après la tenue d'élections libres en 1974. Le 25 novembre 1973, le général Ioannidis renversa le gouvernement de Papadhópoulos dont les concessions étaient jugées trop libérales.   Un autre incident bouleversa l'île de Chypre en 1967, mais la crise la plus grave éclata en juillet 1974. La Garde nationale chypriote grecque, menée par des officiers grecs soutenus par la junte militaire à Athènes, renversa le président Makarios. La Turquie avança ce prétexte pour occuper Chypre et, en Grèce, la junte céda la place aux civils. La démocratie restaurée Caramanlis, en exil à Paris, fut rappelé à Athènes et nommé Premier ministre le 24 juillet 1974. Le mois suivant, en plein conflit avec la Turquie à propos de Chypre, la Grèce annonça le retrait de ses forces de l'OTAN. L'instauration de la république fut confirmée le 9 décembre, à l'issue d'un référendum où 69 % des votants s'étaient prononcés contre la monarchie.   Une nouvelle Constitution fut adoptée en juin 1975. Caramanlis renouvela son mandat de Premier ministre en novembre 1977 et fut élu président en mai 1980. Georges Rallis, ministre des Affaires étrangères, lui succéda au poste de Premier ministre. En janvier 1981, la Grèce fut officiellement admise au sein de la Communauté économique européenne. Les trente-cinq années de régime conservateur s'achevèrent le 18 octobre 1981 avec l'arrivée au pouvoir du fils de Georges Papandhréou, Andreas Papandhréou, chef du Mouvement socialiste panhellénique, qui succéda à Rallis. Papandhréou mena une politique de réformes internes modérées et, malgré son discours anti-américain, la Grèce demeura au sein de l'OTAN et conserva les bases américaines sur son territoire. Les scandales coûtèrent aux socialistes l'élection de juin 1989, mais aucun parti ne put remporter la majorité au Parlement, même après les élections de novembre. La situation politique finit par se stabiliser à l'issue des élections législatives d'avril 1990 qui donnèrent la majorité absolue au parti conservateur de la Nouvelle démocratie. Constantin Mitsotakis accéda alors au poste de Premier ministre. Vers la fin de 1990, le Parlement vota une nouvelle loi électorale qui eut pour conséquence l'organisation de trois élections générales en l'espace de dix mois.   De 1991 à 1995, la vie politique grecque reste dominée par l'exacerbation de l'hellénisme (problèmes de minorités avec l'Albanie, tensions avec l'ex-république yougoslave de Macédoine, regain d'influence turque dans l'aire balkanique). Fondant sa campagne électorale sur ces thèmes, le PASOK remporte les élections législatives de 1993, et A. Papandhréou revient au pouvoir; cependant, malade, il démissionne en janvier 1996. Costis Stefanopoulos, élu président de la République en 1995, a fait appel à un nouveau Premier ministre, Costas Simitis (1996). Alors que le taux de chômage frise les 10 %, que l'inflation, malgré de nets progrès, est toujours à deux chiffres (11 % en 1994) et que la dette atteint 114 % du PIB en 1994, la Grèce se trouve à un tournant de son histoire. Comme souvent par le passé, son environnement géopolitique est instable. De vieux problèmes mis en sommeil pendant la guerre froide, comme les rapports avec l'Albanie et surtout la question macédonienne, resurgissent avec la guerre civile dans l'ex-Yougoslavie. Tandis que la demande turque d'adhésion à la Communauté européenne devient plus pressante, Athènes souhaite conserver son monopole de «vitrine» balkanique et orientale de l'Europe communautaire.

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